1.2. Energies renouvelables : mythes & réalités

1.2. Energies renouvelables : mythes & réalités

Via Opposition Républicaine, nous renouvelons l’effort pédagogique auprès de chacun des Français, sur la thématique des énergies, du nucléaire en particulier, afin que chacun puisse se positionner, au travers de son vote en juin, en connaissance de cause et à la hauteur des enjeux. Car il s’agira bien de choisir l’équipe qui posera les bons choix. Et non de confirmer une équipe plus idéologique que compétente, irresponsable. En préalable au suivi des choix de la nouvelle équipe à la tête de notre pays, et pour la meilleure compréhension de ce qui  est en jeu et de ce qui va se passer, de ce qui va se décider, nous postons  donc une série d’articles pédagogiques.

  

EnR : Intermittence – Sécurité des réseaux – Performance carbone dégradée

Mythes et réalités

[Résumé

Intermittentes, les EnR ne peuvent répondre à la demande, de façon fiable et à tout moment. Pour cela, il ne peut être attribué aux EnR une part du mix dans la production d’électricité. En revanche, pour qu’un tel rôle puisse leur être attribué, et parce que les solutions économiques de stockage de l’énergie ne seront pas disponible avant 2030/2040, l’intermittence des EnR a besoin d’être palliée par des capacités thermiques de production d’électricité (gaz, charbon, fioul). Vouloir compter sur les EnR pour assurer à tout moment l’équilibre offre/demande dans le mix, appelle à construire et avoir recours à pratiquement autant de capacités thermiques que les capacités EnR : les performances carbone des EnR sont alors perdues.

Par ailleurs, du fait de leur intermittence et pour assurer la sécurité des réseaux électriques, on ne pourrait confier à des EnR une part du mix énergétique supérieure à 40%, même en ayant pallié l’intermittence des EnR par des capacités thermiques de production d’électricité, ie émettrices carbone.

En revanche, la performance carbone du parc de production électrique est évidemment améliorée si le développement des EnR est conduit (mais sans pour autant compter sur ces dernières pour assurer l’équilibre offre/demande cible, les solutions économiques de stockage de l’énergie n'étant pas disponibles avant 2030/2040) 

Résumé]

Une question d’intermittence des EnR / Pourquoi, aujourd’hui, ne peut-on attribuer aux EnR seules, une part dans le mix énergétique ?

Parce qu’elles sont intermittentes, les EnR ne constituent pas, à elles seules, une solution produisant de façon massive et pouvant répondre à la demande, de façon fiable et à tout moment. Pour cela, il ne peut être attribué aux EnR une part du mix dans la production d’électricité. Elles ne peuvent jouer ni un rôle d’énergie de base, ni un rôle d’énergie d’appoint.

Une question d’intermittence des EnR

/ A quelles conditions pourrait-on attribuer aux EnR une part dans le mix énergétique ?

/ Ou pourquoi ne peut-on, aujourd’hui, à la fois attribuer aux EnR une part dans le mix énergétique et bénéficier de leur performance carbone ?

Pour que puisse être confié aux EnR une part dans le mix énergétique, deux solutions sont envisageables :

  •  disposer de solutions économiques de stockage de l’énergie (lorsque les EnR produisent sans que la demande ne le requiert, la production est stockée ; elle peut être restituée lorsque la demande le nécessite, notamment lorsque les EnR ne produisent pas). Cette option n’est pas disponible aujourd’hui ; elle ne sera pas disponible avant 2030/2040 ;
  • pallier l’intermittence des EnR par des capacités thermiques de production d’électricité (gaz, charbon, fioul). Dans cette option, vouloir compter sur les EnR pour assurer à tout moment l’équilibre offre/demande dans le mix, appelle à construire pratiquement autant de capacités thermiques que les capacités EnR : les performances carbone des EnR sont alors perdues. Cette option est la seule disponible aujourd’hui.

Une question de sécurité des réseaux

/ ou Pourquoi, aujourd’hui, ne peut-on imaginer un parc intégralement constitué d’EnR ?

Du fait de leur intermittence, on ne peut confier à des EnR une part du mix énergétique supérieure à 40% (et même en ayant pallié leur intermittence par des capacités thermique de production d’électricité).

Au-delà de cette part, et lors de l’effondrement d’un trop grand nombre de productions locales d’EnR avec la disparition des conditions météo favorables, il y aurait en effet une perte de production en électricité trop importante, un trop faible nombre de capacités de production d’électricité en service pour la demande : l’intensité des réseaux affectés monte brutalement, les disjoncteurs de protection s’ouvrent, les capacités de production d’électricité jusque là en service ne produisent plus, et ainsi de suite : c’est l’effet domino, conduisant à des black-out limité aux réseaux concerné, voire étendu à d’autres en l’absence d’efficacité des dispositifs de protection prévus (consistant, entre autres, à découpler les réseaux les uns des autres).

Du fait de leur intermittence, on ne peut confier à des EnR une part du mix énergétique supérieure à 40% (et même en ayant pallié leur intermittence par des capacités thermique de production d’électricité) : la sécurité des réseaux électriques serait en effet affectée.

Pour cette raison et en particulier, un parc EnR ne peut, se substituer à un parc nucléaire assurant 78% du mix.

Une question de sécurité des réseaux

/ Une part maximale de 40% du mix pour les EnR : quelle conséquence en pratique ?

 Un mix à 40% d’EnR, c’est :

  • 40% de capacités thermiques (gaz, charbon, fioul) pour pallier l’intermittence EnR
  • et les 60 autres % … à partager entre hydraulique, nucléaire et, à nouveau, capacités thermiques gaz, charbon, fioul

Un mix à 40% d’EnR et sans nucléaire, c’est en France :

  • 40% de capacités thermiques (gaz, charbon, fioul) pour pallier l’intermittence
  • 60% restants répartis entre 10% d’hydraulique et 50% de capacités thermiques complémentaires (gaz, charbon, fioul)
  • soit au total : un mix à 90% de capacités thermiques (gaz, charbon, fioul)

Mais développement des EnR bien évidemment ! pour améliorer la performance carbone du parc électrique

Sous quelle condition ?

Si le développement des EnR est conduit sans pour autant compter sur ces dernières pour assurer l’équilibre offre/demande cible, la performance carbone du parc est évidemment améliorée, les EnR se substituant, lors des conditions météorologiques favorables, aux capacités thermiques de production d’électricité, lorsque ces dernières sont nécessaires pour satisfaire la demande.

Mais on reste loin de la production massive d’une énergie alternative aux énergies fossiles.

Pourra-t-on un jour, concilier véritable part des EnR dans le mix & performance carbone non dégradée ?

Oui, lorsque sera disponible une solution économique de stockage de l’énergie, ie pas avant l’horizon 2030/2040.

M. Pluvinage

A propos de frnuc

4 commentaires

  1. bonjour ;
    Est il possible d’avoir une réponse à ma prose du 26 mai ?
    vous avez mon email , puisque vous le demandez pour pouvoir laisser un commentaire . Dans ces conditions vous pouvez me contacter et je m’étonne du manque de réponse de votre part .
    merci .

    • Danielle Roméro

      Bonsoir
      N’étant pas experte en matière de nucléaire, je ne me suis pas permise de vous adresser une réponse. J’ai contacté l’auteur de ces articles le jour même de l’envoi de votre commentaire en l’informant de votre réponse, il est actuellement en déplacement professionnel et vous répondra à son retour. Bonne soirée à vous

  2. Concernant les moyens de stockage d’énergie en masse dont vous niez l’existance .
    Ces moyens existent en France depuis plus de 30 ans pour les besoins du nucléaire . La première des variations est celle de la consommation qui varie tout au mong des 24 heures journaliers . Il faut donc adapter la rigidité de production du nucléaire à la variabilité de la consommation . La France a donc installé et utilise depuis plus de 30 ans des moyens de stockage d’énergie en masse pour stocker de la production d’énergie nucléaire la nuit quand la consommation est basse pour la restituer le jour en particulier lors des pics de consommation .
    Ces moyens se nomment des STEP ( Stations de Transfert d’Energie par Pompage ) . Les noms de ces STEP françaises sont : Revin , La Coche , Grand Maison , Montézic , Le Cheylas , Super Bissorte … et celle du lac noir ( construite en 1932 pour réguler la production d’un barrage hydroélectrique ) .
    Prétendre que ces moyens n’existent pas et ne sont pas rentable , est tout simplement faux puisqu’ils existent en France .
    Si on a su trouver la technique et les moyens financiers pour réguler le nucléaire avec ces moyens de stockage d’énergie en masse , évidemment ces moyens existent aussi pour les énergies renouvelables .
    C’est ce que fait le Danemark par exemple et entre autres . 20 % d’éolien dans le mix énergétique semble la limite maximum acceptable sur le réseau sans moyens de stockage . C’est du moins la limite sur laquelle a buté le Danemark avant de se lancer dans la construction de STEP . Comme ce pays est très plat , il n’a pas pu construire de STEP chez lui et a du trouver un arrangement avec la Norvège . Ainsi , grâce aux STEP installées en Norvège , le Danemark produit aujourd’hui 25 % de son électricité par l’éolien et a programmé la construction de parcs en mer pour arriver rapidement à 30 % d’éolien dans le mix . J’insiste : au Danemark la régulation production / consommation d’électricité éolienne se fait non pas par des centrales à charbon mais par les STEP de Norvège , même si ce pays produit aussi de l’électricité par le charbon .
    L’Espagne developpe aussi des STEP pour aller plus loin avec l’éolien .
    Ce que vous racontez dans ce texte ne tient pas la route puisqu’il est facile de le démonter avec l’expérience de certains de nos partenaires européens et avec ce qui se passe en France pour les besoins du nucléaire .
    Il est temps pour vous de découvrir que les citoyens ont internet et qu’il leur est très facile de se documenter , vous comprenez bien que vos informations dévoyées n’ont aucune chance de tenir dans le temps étant donné que ce qui se passe chez nos voisins est de plus en plus connu . D’autre part nous avons dans notre pays des touristes européens qui séjournent et qui savent très bien nous expliquer ce qui se passe chez eux . Je veux dire , la France n’est pas un pays fermé , l’information y circule librement .
    Comme je vote à droite depuis toujours et que je continue à le faire , je suis consterné par votre attitude .
    Votre position sur le manque de moyens de stockage est incompréhensible puisque ces moyens se développent sur toute la planète et que la France est le pays leader de ces installations . EDF et Alstom sont les 2 entreprises les plus réputées au niveau international dans l’installation de STEP . La réputation française n’est plus à faire . Si vraiment vous manquez de documantation et d’information , je veux bien vous en fournir , il serait dommage que vous restiez enfermé dans une logique basée sur des informations complètement fausses ce qui ne peut pas passer inaperçu même si vous avez misé sur le manque de documentation des citoyens .
    Comment pouvez vous penser regagner du terrain électoral si vous passez pour des menteurs ?
    cordialement .

    • Bonsoir, Désolée de vous re contacter aussi tardivement. L’auteur des articles de ce dossier est encore en déplacement. Ne maîtrisant pour ma part, pas du tout ce sujet, je vous transmets sa réponse à votre commentaire. Bonne soirée
      ———————————————————————————-
      Cher camarade, êtes-vous sûr de disposer de tous les éléments du tableau ? Etes vous assuré de la pertinence de votre raisonnement ? L’assurance du ton de votre commentaire le suggère. Permettez nous d’en douter néanmoins.

      Notre posture est plus humble. Il ne s’agît pas d’étaler quelques connaissances sur la place publique ou de concourir au jeu du raisonnement le plus hasardeux. (Il s’agît encore moins d’une pratique de désinformation politicienne.) L’entreprise visée est plutôt celle de la pédagogie au service de nos concitoyens, pour leur permettre de comprendre et se positionner à la hauteur des enjeux. Pour cela, nous nous fondons sur les vérités reconnues comme telles dans notre métier. Dans ce cadre, nous pouvons nous permettre un ton d’autant plus réservé que nous nous en remettons à la rigueur professionnelle (laquelle va d’ailleurs de pair avec la démarche de remise en cause permanente qui caractérise notre métier).

      Venons aux faits.
      Les STEP existent ici et ailleurs. La France est leader. Le Danemark et la Norvège fournissent un bel exemple. Google et les touristes vous l’assurent. Vous soulignez que l’ensemble {EnR+STEP} constitue un moyen de production d’électricité disponible à tout moment pour contribuer à assurer l’équilibre offre/demande. Avec Douste, nous vous répondons : « en effet ».
      Cela permet-il pour autant de faire de l’ensemble {EnR+STEP} un moyen à même de se substituer à une part de 20%, 30% ou 40% de nucléaire ? – car le rééquilibrage du mix en France est l’une des questions posées – Il en irait ainsi à la condition où la capacité de STEP pouvant être installée irait de pair avec ces ordres de grandeur, la capacité installée étant bien entendu fonction du nombre de sites disponibles pour les accueillir. Et ce n’est précisément pas le cas. Car votre parc hydraulique en France est déjà saturé, et avec elles, les STEP associées. Car vos côtes en bord de mer et à dénivelée suffisante sont aussi limitées. C’est la raison pour laquelle nous parlons de solution de stockage de l’énergie massive ou encore à grande échelle, à développer pour pourvoir valoriser le potentiel des EnR en réponse à la recherche des énergies alternatives aux hydrocarbures. Lesquelles supposent des efforts en R&D qu’il est vital de pérenniser et qui ne seront pas disponibles avant 2030/2040.
      A ce titre, nous citons la synthèse rédigée par le Centre d’Analyse Stratégique rattaché au Premier Ministre et relative au récent rapport de la commission « Energies 2050 » commandée par le Ministre précédent de l’Energie (constituée d’experts de tous bords qui n’ont visiblement pas bénéficié des savoir de google et des touristes – veuillez les en excuser) :
      « Le développement de l’énergie éolienne, mais aussi du photovoltaïque, au-delà de 2020, pose un problème d’intermittence qu’il ne faut pas sous-estimer dès que la part de ces énergies dans la production nationale d’électricité devient significative. Une grande attention doit être apportée à toutes les perspectives de stockage massif de l’énergie et de gestion de la demande, sans passer leurs coûts sous silence ; certes les stations de transfert d’électricité par pompage (STEP) apportent une réponse utile mais limitée, mais tant que d’autres solutions ne seront pas disponibles et compétitives, des centrales à gaz (dont le financement sera problématique) devront assurer la permanence de la production ; le “foisonnement”, même à l’échelle de l’Europe, ne permet pas d’exclure une situation d’absence de vent pendant plusieurs jours consécutifs. »

      Vos dévoués.

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