BLEU-BLANC-ROUGE

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Personne n’est sans savoir aujourd’hui que la situation au Mali est des plus compliquées et ce, depuis quelques semaines. Difficile d’échapper à cette information n’est-ce pas ? Difficile d’échapper à cette information certes, mais entre la libération de Florence Cassez, les élections législatives en Israël, dont il ne s’agit en rien de nuancer l’importance par ailleurs, il parait à l’heure actuelle surtout bien difficile de savoir exactement ce qu’il en est de la situation de nos troupes au Mali.

En envoyant des soldats sur place, la France a pris une position pour l’instant plutôt insolite sur l’échiquier géant de la géopolitique internationale. Alors, isolés nos soldats ?

En premier point, je tiens à apporter tout mon soutien à nos hommes, nos soldats qui sont partis en mission sous la bannière tricolore. Je ne veux, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue et solidaire en direction de leurs parents, femmes, enfants qui ont vu partir à l’autre bout du monde un fils, un mari, un père et pour qui l’attente va désormais se résumer à une lente et redoutable angoisse jusqu’au jour, non programmé, du retour. Tic, tac, tic, tac…

Difficile, nous disions donc, de savoir ce qui se joue en ce moment au Mali… Les médias sur place semblent n’avoir pas grand-chose à se mettre sous la dent ou tout au moins, ne sont pas très bavards quant il s’agit de renseignements concrets. Quoi qu’il en soit, les informations arrivent au compte goutte !

Madame Ashton, Première vice-présidente de la Commission européenne et Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré, je cite :

Il n’existe pas de forces militaires européennes et la France devra porter, seule, la plus lourde partie du fardeau .

Les choses ne peuvent pas être plus claires me semble t-il ! Est-ce à dire qu’aucun autre pays de l’Union n’enverra de troupes sur place pour soutenir l’armée française ? La France, de part cette décision et après une prise de position tranchée en Syrie il y a quelques temps de cela, cherche-t-elle à asseoir sa stature internationale et à se positionner délibérément dans le rôle de gendarme du continent africain ?  Et à quel prix ? Celui, à payer, de mettre en danger la vie de ceux qui sont supposés la défendre ? Autant de questions que nous sommes en droit de nous poser me semble t-il.

De toutes les causes honorables, celle de libérer un pays, un peuple tout entier de ses oppresseurs, en est une notoire. C’est incontestable. Mais je m’interroge avec une certaine inquiétude quant à la tournure que vont prendre les évènements. Ce qui attend nos soldats là-bas n’a rien d’une promenade de santé et il me vient même parfois la désagréable impression qu’on les envoie au « casse-pipe » ! Si la question de savoir par qui les rebelles maliens sont approvisionnés en armes et autres matériel militaire pourrait être à elle seule l’objet d’un débat (animé ?), nous nous devons au moins de constater la chose suivante : ils sont armés, et de façon fort conséquente ! Ils ont l’avantage, colossal en temps de conflit, de connaître parfaitement chaque recoin de terrain.

Voilà deux éléments majeurs qui m’amènent aujourd’hui à redouter les semaines à venir, en croisant les doigts pour qu’il ne s’agisse que de semaines… Car il suffit de jeter un œil en arrière et l’histoire du monde nous montre vite quantité de conflits qui devaient être réglés en deux temps, trois mouvements. Parfois, il a fallu des mois pour les résoudre, d’autres fois cela a pris des années, d’autres sont toujours en cours. Seulement voilà, en regardant ce passé, tout nous montre aussi que l’Homme n’a guère de mémoire et quand il s’agit de foncer tête baissée en refaisant les erreurs qu’il s’était promis, justement, de ne plus refaire, l’Homme sait faire preuve d’un génie sans pareil. « Plus jamais ça, bla bla bla ! »

Aujourd’hui, je fais part de mon inquiétude donc. Inquiet je suis à l’idée de voir ce conflit s’enliser. Inquiet je suis à l’idée qu’aucune troupe européenne ne vienne apporter son soutien et son aide aux militaires français déjà sur place. Inquiet je suis à l’idée que les rebelles soient déterminés et prêts à combattre aussi longtemps qu’il le faudra pour défendre leur cause. Inquiet je suis…

Des voix politiques commencent à s’élever. En France, Jean-Louis Borloo :

http://www.20minutes.fr/ledirect/1081959/jean-louis-borloo-appelle-a-sommet-europeen-mali .

A l’échelle internationale, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon :

http://www.20minutes.fr/ledirect/1085599/mali-ban-ki-moon-salue-intervention-francaise-souligne-risques . Et d’autres vont s’empresser de prendre le relai. Inquiet je suis…

Ce qui fut le point de départ de ce billet d’humeur en sera le point final (peut-être ?). Si trop de choses nous échappent encore sur ce sujet, une au moins est certaine et définitive. Nos hommes sont partis au combat pour libérer un peuple opprimé, pour ça nous nous devons de leur apporter tout notre soutien. C’est bien la moindre des choses. Ils méritent, aussi bien en tant que représentants de la Nation qu’en tant qu’hommes, le respect de chacun d’entre nous.

Messieurs, nous sommes de tout cœur avec vous !

AV

 ‏@alainagde

A propos de Opposition Républicaine

3 commentaires

  1. Prise de position juste, posant de vraies questions tout en respectant les hommes sur le terrain. On se demande où sont les médias, conflit verrouillé comme la seconde guerre du Golfe.

  2. Bravo Alain ! Ce que tu as écrit là, il fallait que quelqu’un l’écrive ! Voilà une approche qui me plait infiniment, ni polémiste, ni mièvre … Juste du coeur, du bon sens et un regard objectif.
    Merci pour tout ça, Alain.

  3. Super article ! Merci beaucoup !

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