Budget 2013, un risque pour la croissance !

Budget 2013, un risque pour la croissance !

La France est l’un des pays qui taxent le plus ses entreprises. Et avec le fameux budget 2013, Hollande ne prévoit pas d’arranger la chose, avec 10 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour les entreprises…

Un risque d’exil massif 
Nos entreprises pourraient être tentées par les délocalisations. En effet, chez nos voisins, elles payent largement moins de taxes, de plus les entreprises y sont taxées intelligemment. Par exemple en Allemagne, la majorité des impôts sont payés par les entrepris lorsque les résultats le permettent, contrairement à la France où même si les résultats sont nuls, les taxes locales doivent être payés.

Toujours en comparaison avec nos voisins, d’après iFrap, une PME de 230 salariés réalisant 4 millions d’euros de bénéfice verserait 2,5 millions d’euro en moins si elle était implantée en Allemagne.

Ces écarts sont inquiétants, et peuvent laisser perplexes certaines entreprises sur la question d’un divorce avec la France.

Un autre exemple : Poclain Hydraulics, un petit groupe industriel présent dans 23 pays et employant 2000 salariés, dont 550 en France, produit 34% de son chiffre d’affaires en France, alors qu’il y paye 47% de ses impôts. De plus, dans l’industrie, les coûts salariaux unitaires ont fortement progressé depuis quelques années,  ils sont 5% plus élevées qu’en Allemagne.

Ce genre de situation donne envie de ce concentré sur d’autres pays, même si le patron fait preuve de très bonne fois pour garder ses employés.
Une baisse de compétitivité 

Ce nouvel impôt aura de graves conséquences sur les entreprises de taille moyenne, qui représentent pourtant 22% de l’emploi et 33% des exportations, pouvant entrainer une augmentation des licenciements, une baisse de la production… 

La situation des entreprises devient très inquiétante en France. Leur taux d’autofinancement a chuté à 60%, un plus bas historique, ce qui les oblige à s’endetter plus pour investir. Les coûts salariaux unitaires ne cessant d’augmenter alors que les prix reculent à cause de la concurrence, il y a une chute des marges.  Et sans ces marges, il faut donc emprunter pour continuer de produire. Dans ce contexte, 10 milliards de prélèvements nouveaux sur les entreprises risquent d’affecter gravement la compétitivité de toute l’industrie.

Tenté de réduire une dette en en créant une ailleurs n’est pas la chose à faire.

En résumé, le budget 2013 aura un impact négatif sur l’investissement dans les PME. Les PME endettées seront alors touchées par cet impôt excessif et ceci nuira fortement à leurs compétitivités.

Regardons autour de nous. La Suède s’occupe bien de ses entreprises avec l’un des taux d’impôts sur les sociétés les plus faibles, ce qui lui permet d’être le quatrième pays mondial le plus compétitif. La France pourrait prendre exemple.

Pourquoi ne pas laisser nos entreprises tranquilles et réduire drastiquement la dépense publique ?

Les entreprises ne sont pas les seules à être concernées par l’effort budgétaire demandé pour 2013. Il y a aussi les ménages et une baisse de la dépense publique. 30 milliards d’économie prévues, un tiers sur les entreprises, un tiers sur les ménages, un tiers sur la dépense.

D’après un récent sondage BVA-Avanquest sur l’effort budgétaire réalisé sur un échantillon de 1005 français, 56% répondent non sur l’équitabilité de la répartition du plan de 30 milliards d’économies, contre seulement 45% qui le trouvent équitable. Parmi eux, 81% pensent que le gouvernement aurait du davantage porter les efforts sur la réduction de la dépense publique, 14% sur les entreprise et 3% sur les ménages…

Les Français n’ont pas tort. Il aurait été plus judicieux d’accorder une plus grande partie aux baisses des dépenses, son effet sur la croissance est beaucoup plus faible, surtout si cet effort est concentré sur des dépenses inutiles…
Par exemple, le gouvernement aurait pu réduire ses dépenses en annulant les contrats aidés qui ne seront pas efficaces car il n’y a aucune formation prévue permettant l’insertion dans l’emploi durable .

Mais le gouvernement en à décidé autrement, pour une « équité », il prend le risque de peser sur la consommation des ménages et la compétitivité des entreprises, en concentrant l’effort budgétaire sur les recettes plutôt que les dépenses. En effet les  deux tiers du budget portent sur les recettes, avec plus de 20 milliards d’impôts nouveaux, contre un tiers provenant d’un freinage des dépenses.  Tous les économistes diront qu’une hausse des prélèvements est bien plus nocive sur la croissance qu’une réduction des dépenses.

De plus le gouvernement en oublie que baisser les dépenses publiques permet aussi de diminuer l’effort demandé aux ménages et entreprises car ce sont eux qui financent les dépenses.

Avec ce budget, 2013 s’annonce comme une année difficile  

L’effort de redressement des finances publiques est sans précédent, atteignant 36 milliards d’euros, soit 1,8 de PIB, il aura donc un fort impact négatif sur l’activité en 2013.

D’après les prévisions, le PIB, qui devait augmenter de 1% initialement, augmentera seulement de 0,8%, ce qui ramènera le déficit public à 3,6% du PIB, bien au dessus de l’objectif de 3% du gouvernement.

Ces hausses d’impôt pénaliseront la consommation des ménages. Or faire baisser la demande lorsque l’on recherche la croissance, ce n’est pas chose à faire…

Le gouvernement assure que les nouveaux prélèvements sont censés avoir peu d’impact sur la consommation en ciblant les plus hauts revenus, car ces derniers épargnent plus que les autres. Malheureusement, il se trompe, d’après l’INSEE les 20% des plus aisés ont un taux d’épargne de l’ordre de 35%, contre 17% pour la moyenne des ménages. Donc ces ménages dépensent 65% de leurs revenus, alors ces 10 milliards d’euros de hausses d’impôts auront forcement un impact sur leur consommation et donc la demande. Ou, elles auront un impact sur une baisse de l’épargne, mais sur le long terme, l’épargne d’aujourd’hui n’est-elle pas l’investissement de demain ?
NB : Le projet de Jérome Cahuzac est d’après lui un progrès en termes d’équité sociale. Moi, je vois avant tout un risque pour la croissance !

Les journalistes voient « le plus sévère plan d’austérité depuis la guerre », la gauche, elle, nous parle de Changement !

 

A propos de Antoine F

Étudiant en terminale ES souhaitant intégrer l'école science Po. Orienté centre droit. Merci à Opposition Républicaine de me laisser m'exercer à l'argumentation partisane.

Un commentaire

  1. Merci pour ce nouvel article qui fait preuve une fois encore d’une remarquable justesse. :)

    « Tenter de réduire une dette en en créant une ailleurs n’est pas la chose à faire. »
    Non seulement ce n’est pas la chose à faire, mais c’est EXACTEMENT celle qu’il faut ÉVITER.
    * Pour un particulier, c’est, dans ce qu’on appelle le « Surendettement actif » (= trop de crédits sollicités), le premier pas dans la spirale infernale.
    Pour info : le « Surendettement passif » est celui qui résulte des aléas de la vie : maladie, décès, chômage, divorce, etc. alors que, avant ces circonstances, l’endettement était raisonnable.
    * Pour un pays, c’est la faillite assurée. :(

    Côté vocabulaire, ces Charlots confondent « équité » et/ou « égalité » avec « égalitarisme ». Ce dernier terme est leur étendard. Dommage : il est parfaitement contraire aux deux autres ; ainsi qu’à la Déclaration des Droits de l’Homme.
    Mais à force d’être indéfiniment répété, un mensonge finit par devenir une réalité. Du moins pour certains… :(

    « L’effort de redressement des finances publiques est sans précédent. »
    Pour rédiger cet article, vous êtes bien obligé de reprendre les affirmations des complices de Simplet 1er.
    Mais, pour ce qui me concerne, je ne vous AUCUN effort de redressement.
    Je ne vois qu’un plumage en règle non seulement des « Pigeons », mais aussi de tous les autres volatiles du pays, dont certains ont été assez naïfs et/ou stupides pour nous imposer cet incapable notoirement connu en tant que tel, y compris par ses pseudos-amis… MDR.

    Pour moi, un véritable effort de redressement, ce serait, par exemple :
    * Limiter la nomination des Sinistres à un nombre raisonnable (environ la moitié des « obligés » actuels) et choisir des personnes compétentes et efficaces.
    * Limiter leur privilèges pharaoniques.
    * Exiger que les élus rendent des comptes ET produisent des factures sur leurs diverses primes de fonctionnement. Et ne payer que celle qui sont réelles et nécessaires.
    * Supprimer totalement l’AME, sauf dans les cas de véritable urgence (vitale ou risque de contamination).
    * Cesser l’assistanat systématique. Particulièrement pour les personnes en situation irrégulière => à renvoyer rapidement chez eux. LA MISÈRE EST EN FRANCE. Commençons par l’éradiquer, avant de vouloir prendre tous les malheurs du monde sur nos épaules…
    * Remettre à plat l’organisation de la Sécu : supprimer la calamiteuse gestion paritaire et faite un appel d’offre pour un gestionnaire compétent.
    * Privilégier la prévention sanitaire : rembourser les vaccins UTILES (ceux pour lesquels risque du vaccin < risque de la maladie, pas ceux imposés par le lobbying des labos), rembourser la contraception plutôt que l'IVG, supprimer les génériques qui ne diminuent pas les charges de la Sécu mais offrent une belle marge aux pharmaciens et qui, en outre, ont de nombreux inconvénients dont on ne peut parler que "sous le manteau" (efficacité variable, effets indésirables dus aux différences d'excipients, etc). Par ailleurs, il arrive souvent qu'un médicament "généricable" soit moins cher que le générique ; ce qui n'empêche pas qu'on vous l'impose !… En outre, la recherche coûte très cher pour un résultat aléatoire. Du fait de cette déplorable stratégie, les labos (que je suis pourtant habituellement très prompte à critiquer) ne peuvent avoir l'envie d'investir de lourdes sommes, sachant qu'on ne leur laissera pas le temps de rentabiliser leur (éventuelle !) découverte.
    * Etc., etc., etc. Les exemples ne manquent pas, et il serait beaucoup trop long de tous les énumérer. En revanche, les appliquer assainiraient grandement et rapidement les finances de la France.
    * Et n'oublions pas de couper les vivres aux syndicats qui, pour ne représenter que 6 à 7% des travailleurs, vivent grassement grâce aux impôts de TOUS les Français… ;)

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