Le chômage n’a pas pris de vacances. Et pourtant, les socialistes, qui font toujours tout mieux que les autres, sont au pouvoir depuis cinq mois. Petit historique. En 1976, on atteignait le million de chômeurs. En 1981, on atteignait les deux millions de chômeurs. En 1997, on atteignait les trois millions de chômeurs. Après une décennie de répit grâce au départ à la retraite de la génération du baby-boom, on est repassé au-dessus de cette barre fatidique à cause de la crise. Cela fait 10% de la population active. Il faut faire quelque chose.
Ce qu’il faut faire, c’est généraliser la flexibilité sur le marché du travail. Le contrat de travail ne doit pas être si rigide car en interdisant le licenciement, c’est l’embauche qu’on pénalise. Il faut pouvoir faire tourner la main d’œuvre afin que les salariés alternent plus facilement périodes de chômage et périodes d’emploi. L’activité doit être modulée en fonction de la conjoncture économique. C’est pourquoi les accords compétitivité-emploi auraient permis d’embaucher avec les carnets de commande pleins et de libérer les salariés avec des carnets de commande vides. Mais pour cela, il faudrait annualiser le temps de travail et en finir avec les 35 heures. Oh, le gros mot !
Ce qu’il faut faire, c’est doper la compétitivité en baissant le coût du travail. Les entreprises délocalisent et font faillite car elles paient trop de charges patronales sur des employés qui ont des salaires trop élevés. Il faut une politique de désinflation compétitive à l’allemande qui, en baissant les salaires, ferait baisser les prix et permettrait d’exporter davantage. Mais pour cela, il faudrait ne pas s’attaquer aux patrons. Or, c’est exactement ce qu’a envie de faire le gouvernement, un peu par idéologie et beaucoup par populisme.
Ce qu’il faut faire, c’est soutenir une politique de formation ambitieuse et de long terme. En France, on favorise trop la demande en abreuvant les consommateurs d’allocations et on sèvre les entreprises en main d’œuvre qualifiée. Il faut orienter les filières universitaires et professionnelles vers des secteurs à haute valeur ajoutée, et donc faire le choix de ne pas lutter avec la Chine sur l’industrie où elle produit à bien moindre coût que nous. Mais pour cela, il faudrait arrêter de mobiliser toute la machinerie d’Etat à chaque menace de plan de licenciements.
Ce qu’ils vont faire, c’est renforcer la protection des travailleurs et affaiblir la position des chômeurs. En confirmant la suprématie du sacro-saint CDI, le gouvernement fait des travailleurs qui en bénéficient, une citadelle imprenable alors que les salariés soumis à un CDD supportent tous les risques de la précarité. Le travail est essentiel pour vivre, or certains sont confortablement installés dans le système quand d’autres en sont entièrement rejetés. On aggrave le problème en constitutionnalisant le dialogue social puisque les syndicats défendent les intérêts des travailleurs, pas ceux des chômeurs.
Ce qu’ils vont faire, c’est réduire encore plus le temps de travail avec des règles autistes et des lois idiotes. La refiscalisation des heures supplémentaires vise à décourager l’effort et à recréer les 35 heures, cette idée consistant à partager le temps de travail pour mieux partager la misère au lieu de créer la richesse. Le travail n’est pas un gâteau qu’on coupe en parts égales, car un travailleur qualifié n’a pas le même rendement qu’un travailleur sans diplôme. Il était donc naïf d’espérer réduire le chômage en partageant le travail, car tous les travailleurs ne se valent pas.
Ce qu’ils vont faire, c’est bricoler des demi-solutions qui poseront des problèmes pires encore. Pansement sur une jambe de bois, le Ministère du Redressement Productif inaugure les chrysanthèmes des usines qui ferment. Après la classique manipulation des chiffres, il y aura le recours au temps partiel qui est avant tout un chômage partiel et un salaire partiel. La dernière trouvaille de cette sinistre logique est une énième vague d’emploi-jeunes, les emplois d’avenir. Ils ne servent qu’à donner pour six mois une activité aux jeunes aux frais de l’Etat.
Le travail est une affaire trop importante pour la confier à des socialistes. Elle donne à l’individu un revenu économique mais surtout un emploi social. Or, le PS ne le considère que comme un gagne-pain qui ne doit pas encombrer les autres passe-temps. Les socialistes savent déjà que le chômage va augmenter même avec eux au pouvoir, et que ce qu’ils vont faire n’y changera rien. Il serait bon, à l’UMP, de préparer un projet pour 2017 en réfléchissant à ce qu’il faut faire pour l’emploi. Et de préférence, enfin oser le faire.
Opposition Républicaine

A condition que la flexibilité s’accompagne d’un minimum de sécurité, mais cela va sans dire…
Plutôt d’accord, mais j’ai bien peur que ces mesures soient difficile à appliquer. Elles sont trop impopulaires.
Entièrement d’accord avec cet article, ça fait 15 ans que je pense que la libéralisation totale du marché du travail règlerait le problème du chômage.