Sarkozy l’avait clairement annoncé pendant sa campagne : « L’amélioration de l’économie française, le recul de la dette, et le recul du chômage passeraient entre autre, par une réduction du coût du travail et par une certaine flexibilité du travail pour une meilleure compétitivité. »
Il ne l’avait pas caché aux français, et les militants UMP étaient conscients qu’il faudrait sans doute passer par ce sacrifice, quitte à subir provisoirement quelques difficultés, le temps que les premières mesures portent leurs fruits. Il nous avait également promis de ne pas toucher aux prélèvements directs sur les salaires pour ne pas faire subir de plein fouet aux français les nécessaires économies à réaliser. Il était conscient et ne cachait pas aux français, puisqu’il avait déjà fait voter des lois allant dans ce sens (la réforme des retraites en particulier), qu’il faudrait sans doute en passer par quelques réformes ressemblant à ce que Schröder avait pu mettre en place en Allemagne il y a quelques années (1). Sarkozy, ses ministres et ceux qui ont voté pour lui à la présidentielle, croyaient sincèrement que le choix de cette politique calquée en partie sur le « plan 2010 » allemand serait une réussite ; ce qui se passe aujourd’hui en Allemagne est une formidable preuve que nous avions raison ! (2).
Hollande, lui, a promis beaucoup pour se faire élire ! Beaucoup trop ! Il a clairement menti, et volontairement occulté les vrais enjeux aux français …
Premièrement, il ne pourra sans doute pas réaliser toutes les réformes promises. Deuxièmement, pour financer celles auxquelles il ne renoncera pas il devra augmenter de manière importante les impôts et mener une vraie politique d’austérité (plus importante que celle qu’aurait dû mener Sarkozy). Troisièmement, alors qu’il avait dit que la finance était son principal ennemi – affirmation démentie quelques semaines plus tard à la City de Londres (3) – il devra sans doute plier et faire preuve de sagesse face à cette dictature des marchés que nous ne pouvons que déplorer mais qui gouverne le monde aujourd’hui et qui fait fi des questions politiques et des considérations démagogiques.
Comment notre président ne pourrait-il pas se souvenir de ce que beaucoup de français ont oublié : la situation et la politique d’austérité que les ministres et gouvernements de Mitterrand ont été obligés de mettre en place après la victoire socialiste en 1981 ? (4) On apprend toujours du passé … François Hollande ne se laissera sans doute pas avoir afin de ne pas se ridiculiser comme son prédécesseur socialiste. Il tentera, comme il a déjà commencé à le faire à obtenir quelques concessions de la part de nos partenaires européens (sur le traité européen et sur la nécessité de mener une politique de croissance notamment) afin de pouvoir plus facilement faire accepter en France certaines mesures qui pourraient être de vraies bombes à retardement.
Le document vidéo suivant (5) développe cette thèse et c’est édifiant … En effet, Hollande sera sans doute obligé de réformer le CDI, faute d’agir sur la compétitivité des entreprises française. Nicolas Sarkozy, qui avait commencé et avait anticipé sur cette nécessité de réformer structurellement le système français pensait sûrement pouvoir épargner cette réforme du CDI aux français en menant une politique de réduction du coût du travail et en prenant des mesures telles que la taxation des importations, ou la TVA sociale dans le quinquennat à venir. Mais constatant qu’Hollande :
- n’a même pas imaginé que la compétitivité des entreprises pourrait être le meilleur levier pour redresser la France ;
- envisage de se mettre à dos les investisseurs et les grands patrons en réduisant leurs salaires et en les taxant davantage ;
- a proposé un plan de réduction de la dette plus que bancal et qu’il a déjà dépensé 20 milliards d’euros sans prendre une seule mesure de réduction des dépenses publiques.
On ne peut que conclure qu’il sera très vite face au mur (plus vite que le fût son aîné François Mitterand) et ne pourra pas faire face à la pression des partenaires européens et des marchés financiers. Il sera sans doute contraint de faire comme Schroeder, voire pire …
Pour résumer, François Hollande va mettre en place des mesures symboliques et démagogiques, en faisant payer très cher la note aux français prétextant l’héritage d’une situation catastrophique causée par la politique de son prédécesseur. Il maintiendra ainsi une popularité suffisante qui lui permettra de faire des réformes bien moins populaires qui devraient plonger la France et les français dans une situation de précarité semblable, voire pire que celle qu’ont connu les allemands entre 1998 et aujourd’hui. A l’époque, rappelons-le, la situation économique européenne était meilleure, la crise mondiale n’était pas encore un handicap pour les économies nationales …
Les français qui ont choisi François Hollande le 6 mai dernier, vont doublement se faire rouler dans la farine, ils réclamaient plus de justice et un changement. Ils vont être servis, il y aura du changement, c’est sûr : tout le monde sera à la même enseigne et paiera cher, très cher tout en se retrouvant dans une précarité dangereuse pour tous. Leur pouvoir d’achat n’augmentera pas, leur travail sera plus précaire, ils devront faire davantage de sacrifices. Faute de pouvoir compter sur les « riches » pour soutenir la croissance, l’investissement, la bonne santé des entreprises donc de notre économie, il ne faudra plus que compter sur l’austérité et sur l’espoir d’une résolution rapide de la crise européenne pour retrouver un niveau de vie et un pouvoir d’achat acceptable et correct.
Le pire, sans doute, c’est que ce n’est pas 10 ou 12 ans qu’il nous faudra pour récolter les fruits et les bénéfices de cette austérité subie.
Pendant la campagne présidentielle, nous ne pensions pas que cela se vérifierait aussi rapidement, mais Sarkozy avait raison en affirmant : « Hollande veut moins de riches, moi je veux moins de pauvres ».
Militants de droite, nous étions d’accord et prêts à participer à l’effort collectif pour réduire le déficit et redresser le pays, nous étions prêts à travailler plus, plus longtemps, à payer un peu plus cher nos produits, à renoncer à quelques privilèges fiscaux, mais parce que nous étions convaincus que la politique de Nicolas Sarkozy nous mènerait assez rapidement vers une meilleure situation économique qui serait profitable à TOUS les français et pas uniquement aux classes aisées et moyennes.
Mais payer plus, pour une situation plus précaire, pour une société encore plus assistée, pour une France montrée du doigt, pour la fuite de notre élite à l’étranger, c’est clairement NON ! Nous ne souhaitons pas jeter le fruit de notre travail, de celui de nos parents, les bénéfices de nos sacrifices, de notre mérite et de notre épargne par la fenêtre !
Votons UMP dimanche pour éviter l’appauvrissement de la France et des français et pour que la France et les français puissent garder la tête haute !
Opposition Républicaine

Salut,
Bravo Claire pour cet excellent article!
Il y a une semaine je dénonçais aussi les mensonges du PS qui nous cache la vérité dans la perspective des législatives.
Le réveil va être très difficile….
http://www.oppositionrepublicaine.com/la-gauche-face-aux-realites-economiques-halte-au-mensonge/
Et j’ajoute que cette semaine nous ne parlons pas de ces vérités économiques qui nous attendent en raison de 2 écrans de fumée:
- Treirweiller et son tweet
- le soi disant rapprochement UMP-FN….
Halte au mensonge socialiste!!
Etienne
C’est très pratique les écrans de fumée : ça permet de bien cacher ce qui « fâche ». Au moins jusqu’à la fin des élections !…
Le PS, et les médias, ne font que reprendre la technique millénaire de la seiche.
Fins observateurs et futés les membres du PS ! Mais seulement quand ça les arrange eux !!!
Plus sérieux : à mon tour de dire merci pour ce très bon article qui, une fois de plus, montre à quel points certains Français ont été crédules et aveuglés.
Vont-ils ENFIN se réveiller ? Avant que le cauchemar ne devienne réalité ?
On ne peut que l’espérer. Même s’il est déjà bien tard. Trop tard ?