Et pendant ce temps, Laurent Fabius…

Et pendant ce temps, Laurent Fabius…

Laurent Fabius s’ennuie. Il est ministre des Affaires Etrangères, en train de gèrer une belle guerre au Mali, mais il avait certainement rêvé mieux que du Quai d’Orsay pour ponctuer sa carrière politique pourtant réussie. L’élu originaire de la banlieue rouennaise est en cela un clone de son pendant à droite, Alain Juppé. Tous deux très brillants, ils ont fini par se rallier à un président qui les a battus dans la course à l’Elysée et qui leur a néanmoins offert un joli lot de consolation à la hauteur de leur talent.

Laurent Fabius n’aime pas François Hollande. Il n’a aucune estime pour ce porcin sans caractère qu’il a longtemps surnommé « Monsieur Petite Blague » et « Fraise des bois » avant de conclure par un cinglant « François Hollande président de la république ? On rêve ! ». Il savait que l’ex 1er secrétaire du Parti socialiste ne serait pas à la hauteur pour diriger la France, mais il ne l’a pas dit durant la campagne présidentielle et s’est opportunément rallié à son manque de panache. Voilà comment il a réussi à devenir le n°2 d’un gouvernement dont il méprise d’ailleurs le chef.

1er ministre à 38 ans, dernier sinistre à 66

Laurent Fabius a toujours été très précoce. Énarque et normalien, il faisait des étincelles au Conseil d’État et c’est là où François Mitterrand l’a remarqué avant d’en faire son 1er ministre en 1984. Le plus jeune de France. Considéré comme le petit protégé du président, il a alors attiré assez de jalousie contre lui pour être exécré même de son propre camp. Trop technocrate et pas assez sympathique, il n’aurait jamais pu devenir assez populaire pour devenir président. Matignon à 38 ans, c’était la pire chose qui pouvait lui arriver car cela l’a éliminé d’entrée de la course.

En France on n’aime pas ceux qui réussissent. Plus qu’un manque d’attrait physique, les français reprocheront surtout à l’heure des bilans à Laurent Fabius son parcours universitaire exemplaire qui le fait si peu ressembler à ses électeurs. Si on ajoute à cela cette terrible affaire du sang contaminé qui lui a giclé à la figure dans les années 1990 alors qu’il n’y était pour rien, on comprendra mieux ce qui  lui a manqué.

C’est l’éternel second, et l’éternel retour. Avant François Hollande, il avait déjà eu une autre haine froide à l’égard d’un autre socialiste avant de devoir aussi se soumettre puis se démettre. C’était Lionel Jospin. En 1990, les deux hommes se battaient à mort pour dominer le PS au sinistre congrès de Rennes. En 1997, Lionel Jospin devenait 1er ministre et Laurent Fabius devint son ministre des finances avant de devoir démissionner pour se rabattre sur la présidence de l’assemblée nationale. La seule à laquelle il pouvait réellement prétendre.

Après Jospin, il doit se soumettre à Hollande

Il échouera une deuxième fois à faire l’unanimité au sein de son parti dans la décennie suivante. Voulant en incarner l’aile gauche, il prit le pari hasardeux d’appeler à voter « non » au référendum sur la constitution de 2005. Le « non » gagna, et tout le monde le désigna comme le coupable de ce désastre. Comment pouvait-il décemment espérer devenir président alors qu’il avait mis l’Europe dans la panade ? L’effet de mode Ségolène Royal fera le reste en 2006. Son score minuscule aux primaires signera même la fin de ses ambitions nationales, pour de bon cette fois.

Laurent Fabius ne pouvait pas devenir n°1 car il n’avait pas la mentalité. Dans un duel, il aurait toujours fini deuxième, c’est-à-dire perdant. Avant son débat perdu il y a tout juste un an contre Nicolas Sarkozy face à qui il avait éprouvé trop de respect pour pouvoir gagner, il y avait eu ce fameux moment où Jacques Chirac l’avait traité de « roquet » en 1985 et où il avait perdu ses nerfs en faisant remarquer qu’on ne s’adressait pas ainsi au 1er ministre de la France. Même s’il coupait tout le temps la parole. Son orgueil l’avait perdu, à moins qu’il ait perdu par orgueil.

Il ne faudra pourtant pas juger trop sévèrement Laurent Fabius quand, comme tous ses amis socialistes dont l’ambition a échoué avant lui, il tirera sa révérence. On retiendra de lui son immense talent politique, la chance lui ayant fait défaut. Ses jolis coups, comme le débat sur la TVA sociale qu’il avait sorti de nulle part en 2007. Ses bons mots, comme cette remarque grinçante sur les compétences en droit et en affaires de Jean Sarkozy pour diriger l’Epad. Ses blagues sexistes, notamment sur Ségolène Royal. Et si « Monsieur Petite Blague », c’était lui ?

A propos de Damien Paxau

Rédacteur en chef du blog EN RASE CAMPAGNE sous le nom de Carbone 12. UMP historique et soldat de la reconquête. http://en-rase-campagne.over-blog.com/

2 commentaires

  1. le sang contaminé .. ne l’oublions pas.. responsable mais pas coupable..
    il se moquait de Hollande.. Pourquoi est-il dans le gouvernement ?

    allons donc un politique qui a

  2. Je trouve l’article un peu lèche cul … Fabius ne mérite pas cela. C’est un parasite politique, un racoleur, un petit.

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