Interview exclusive de Jean Francois Copé

Interview exclusive de Jean Francois Copé

[box_light]Lors du Congrès de novembre, le futur Président de l’UMP sera élu. Quel devra être son rôle ?[/box_light]

Il devra avoir deux missions prioritaires : tout d’abord construire une opposition responsable, mais tonique et sans concession vis-à-vis d’une gauche qui détient tous les pouvoirs et les exerce de manière idéologique et sectaire. C’est en étant inflexible dans l’opposition que l’UMP se donnera les moyens de réaliser une vague bleue lors des municipales de 2014, pour effacer en partie la vague rose de 2012.

Deuxième mission prioritaire : assurer l’unité de l’UMP. C’est dans cet esprit que j’ai proposé la création de mouvements, qui doivent permettre aux différentes sensibilités de s’exprimer et de se sentir à l’aise dans notre grande famille politique qui rassemble la droite et le centre droit. Il ne s’agit en rien d’entrainer une « balkanisation » du parti, mais au contraire d’assurer sa pérennité : si l’on ne laisse pas les sensibilités se structurer, alors, là il y a vrai un risque d’éclatement de l’UMP.  Avec les mouvements, ce sera 100% de débat et 100% d’unité !

Opposition, reconquête et unité voilà les maîtres mots qui doivent animer le prochain Président de l’UMP.

[box_light]Selon vous, comment seront répartis les rôles entre les 3 membres de l’équipe dirigeante ?[/box_light]

J’ai toujours eu une vision très « collégiale » de la politique ! La marque de fabrique de l’UMP depuis que je la dirige, c’est le collectif : toutes nos décisions sont débattues librement et prises ensemble lors du bureau politique qui se tient chaque semaine. Je ne vais pas changer de philosophie. C’est notamment pourquoi j’ai choisi de faire figurer sur mon « ticket » deux personnalités remarquables, reconnues pour leur sens du dialogue et leur ouverture d’esprit : à savoir Luc Châtel, en tant que vice-président, et Michèle Tabarot, en tant que secrétaire générale. Luc a été exemplaire derrière Nicolas Sarkozy, il a été courageux à ce poste si exposé quand on est de droite, de ministre de l’Education nationale. Michèle est une élue de terrain extraordinaire, une organisatrice hors pair et avant tout une militante. Nous sommes à l’image de la diversité de l’UMP, nous sommes très complémentaires !

[box_light]Différentes sensibilités s’expriment dans cette campagne. Comment voyez-vous le rassemblement de tous après novembre ? Au niveau des adhérents/militants comme à celui des candidats ?[/box_light]

Durant le temps de la campagne, il est normal que chacun affirme ses préférences ou ses différences. Mais, ce qui est important c’est d’éviter un affrontement frontal et brutal, ce que je m’engage à faire, afin qu’au lendemain de l’élection, il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu. D’ailleurs, si les militants m’accordent leur confiance, je tendrais la main à tout le monde. Je déteste les clans et nous aurons besoin de tous les talents pour affronter la gauche. Je crois que personne n’est prêt à fragiliser l’UMP par ambition personnelle.

[box_light]L’organisation du Mouvement n’est-elle pas désuète, inadaptée à une base d’adhérents/militants disponibles mais se trouvant souvent isolée, surtout dans les régions.[/box_light]

Il ne faut pas noircir le tableau ! Je vous rappelle qu’avec plus de 280 000 militants, l’UMP est le premier parti de France. La mobilisation des militants a d’ailleurs été exceptionnelle durant la campagne présidentielle. Il y a avait d’ailleurs une ferveur populaire aux meetings de Nicolas Sarkozy qui contrastait avec le manque d’enthousiasme pour François Hollande. Et les adhésions à l’UMP ne faiblissent pas, au contraire, malgré les récentes et douloureuses défaites. Maintenant, tout n’est pas parfait. Je propose un plan massif de formation et de recrutement des jeunes talents dans chaque fédération pour redonner un nouvel élan à l’UMP et partir à l’assaut des municipalités de gauche dès 2014.

[box_light]Dans le même esprit, les moyens de communication et les réseaux sociaux prennent une place prépondérante dans le débat. Qu’en pensez-vous ?[/box_light]

Bien sûr, même s’il ne faut pas croire qu’une campagne politique peut se gagner uniquement sur Internet ! L’UMP avait pris un peu de retard sur le web, mais depuis nous avons été créatifs et réactifs au moins autant que la gauche. Nicolas Sarkozy a été par exemple le premier à lancer sa timeline sur Facebook, nous avons acheté le nom de domaine « le changement, c’est maintenant » que le PS avait oublié de préempter pour en faire un site qui détournait la campagne de François Hollande, nous avons une équipe de « twittos » très mobilisée…  Bref, il faut investir à fond dans les réseaux sociaux, mais attention Twitter ne supplantera jamais le travail sur le terrain.

[box_light]L’opposition est-elle condamnée à pleurer, vilipender, moquer, contredire, combattre du fond de sa cellule ou peut-on imaginer que, sur des grands sujets sociétaux, elle puisse descendre dans la rue ?[/box_light]

Il n’est pas question de faire durant 5 ans, dans l’opposition stérile comme le PS l’a fait avec sa marotte de l’anti-sarkozysme aveugle ! Nous devons innover. Face à une gauche qui néglige les Français, nous allons passer directement à l’action, au service des Français et lancer une « révolution civique ». L’UMP doit devenir le premier « parti d’actions civiques ». C’est à mes yeux une voie d’avenir pour un parti politique au 21ème siècle : agir concrètement au service de nos concitoyens, et tous particulièrement des classes populaires. Nous n’avons pas le pouvoir, mais nous avons des trésors de générosité, de talent, de créativité, au sein de l’UMP. C’est une immense dynamique que l’UMP va soulever à travers le territoire. Le vrai changement, c’est l’UMP qui va le porter. Si les militants me font confiance, je les inviterais à se mobiliser au service des Français, à travers des plates-formes associatives que nous piloterons.  Je confierais à des responsables de l’UMP l’animation de ses plates-formes qui se déclineront sur le terrain. La force de frappe de l’UMP va avoir un effet démultiplicateur, dans toute la France. Concrètement, nous lancerons des programmes d’actions civiques sur les thèmes prioritaires des Français comme l’éduction avec un plan de soutien scolaire pour les enfants en difficulté ou l’insécurité avec un plan d’aide aux victimes (soutien juridique ou amical, fourni notamment par des membres de l’UMP)…

Sur les grands sujets de société, nous serons offensifs. Je pense en particulier à la question du droit de vote des étrangers que nous ne pouvons accepter car cela reviendrait à casser le lien entre citoyenneté et nationalité. J’ai déjà appelé François Hollande à faire un référendum sur le sujet, car le peuple souverain est le seul qui peut trancher sur cette question qui touche à la citoyenneté. J’ai d’ailleurs lancé une pétition contre le droit de vote des étrangers qui rencontre un grand écho populaire.

[box_light]Au-delà de l’élection du président de l’UMP, les Français attendent un vrai projet d’avenir pour leur pays. Pouvez-vous définir les grandes lignes de ce projet ?[/box_light]

Dans les pas de Nicolas Sarkozy, je veux incarner une droite républicaine, moderne et décomplexée.

Républicaine, car aujourd’hui le modèle républicain est en faillite : perte de repères, autorité de l’Etat contestée, beaucoup de Français pensent que la réussite ne sera jamais pour eux. Nous devons sortir de l’impasse. La refondation républicaine passe par une réforme profonde de l’école ! La droite doit investir sans complexe le thème de l’éducation. Dans cet esprit, je propose un examen d’entrée en 6ème pour s’assurer que tous les élèves qui entrent au collège savent lire, écrire, compter. Je veux des chefs d’établissement qui seront les véritables patrons de leur école, collège ou lycée, qui auront la liberté de recruter leurs équipes pédagogiques et qui seront évalués sur les résultats. Je suis pour ouvrir l’apprentissage dès 14 ans pour les jeunes qui le souhaitent.

Moderne, cela passe par la volonté de mettre la personne au centre de toutes nos politiques quand les socialistes restent prisonniers de logiques de systèmes, de guichets qui brident les forces vives de la France. Moderne aussi car nous devons regarder le monde tel qu’il est : la France n’est pas une île, la priorité pour l’emploi et le pouvoir d’achat, c’est de gagner la bataille de la compétitivité.

Décomplexée, car nous devons écouter les Français et proposer des solutions avec un seul critère : « est-ce juste et efficace ? » et tant pis si cela heurte les bonnes consciences de gauche ! Le politiquement correct doit cesser de paralyser la réflexion et l’action des hommes politiques.

[box_light]Nous entendons de plus en plus de voix s’élever contre les baronnies locales, les dynasties, les influences. Même si nous savons que la politique en génère naturellement, n’est-il pas souhaitable et possible de provoquer et gérer le renouvellement ?[/box_light]

Je propose deux idées pour redonner du sang neuf à la vie politique française. Tout d’abord, il faut exiger que le gouvernement inscrive à l’ordre du jour du Sénat la loi organique votée à l’Assemblée sous la précédente législature permettant d’exercer le référendum d’initiative populaire. Le référendum peut avoir lieu à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. C’est un instrument intelligent pour redonner la parole au peuple et revitaliser la démocratie.

Je suis favorable aussi à une obligation pour les fonctionnaires de démissionner de la fonction publique lorsqu’ils se présentent à des élections car, du fait de l’emploi à vie et des possibilités de détachements dans l’administration, il se trouve que, de plus en plus, les fonctionnaires « trustent » les postes politiques.  Ce serait une mesure plus efficace que le non-cumul des mandats pour renouveler le personnel politique et assurer une meilleure représentativité des Français.

[box_light]Que pensez-vous de l’initiative d’Opposition Républicaine, comme plateforme d’idées, trait d’union entre les adhérents/militants/sympathisants et les instances des partis de droite républicaine ?[/box_light]

Je suis très favorable à cette initiative qui vient de la base et qui colle à ma vision d’une droite décomplexée, qui s’assume, qui ne se cache pas, qui n’a pas peur de ses valeurs. C’est ainsi que nous construirons cette révolution civique qui nous permettra de regagner le cœur des Français, village par village, ville par ville, dès 2014 !

A propos de Opposition Républicaine

3 commentaires

  1. Des idées concrètes et bien ciblées qui me plaisent.

    Reste à voir si elles seront réalisées ou si, comme d’habitude, elles ne resteront que des promesses de campagne.

    ????????

  2. Je souhaite confirmer quel’organisation de l’UMP en région est inexistante, on h »aperçoit les cadres soi disant élus que 15 jours avant les éléctions, pour autant qu’elles les concernant. Aucune réunion sérieuse est organisées ne permet de consulter des militants qui dans la plupart des cas ne se connaissent même pas. Pas de réseau en un mot , RIEN

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