Le ministère patraque !

Le ministère patraque !

La France est en crise. Une crise économique, avec le ciel qui nous tombe sur la dette et notre incapacité à trouver le mode d’emploi contre le chômage. Une crise sociale, avec le creusement des inégalités et le délitement du vivre-ensemble. Une crise morale, avec l’absence d’idéal et d’identité qui s’ajoute à une perte des repères et des valeurs. Pour y remédier, il faudrait un gouvernement qui tienne fermement le gouvernail. Or il a déjà bien du mal à se gouverner lui-même, rajoutant sa propre crise aux crises du pays.

Le docteur qui soigne la France est bien malade. Il est critiqué car il n’agit pas ou pas très vite contre le délabrement économique, à l’image du président François Hollande qui n’est capable de rien et moins encore de résolution. Il est dans une situation critique car il a gaspillé son état de grâce à supprimer les mesures du précédent gouvernement au lieu de promouvoir les siennes, mais il avait trop peur d’être impopulaire et a fini par l’être en ne faisant rien.

« Le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c’est d’en faire partie », disait Talleyrand. L’équipe de Jean-Marc Ayrault n’a pas mis longtemps à tomber dans cette maladie bien française des couacs entre ministres. Aurélie Filippetti et Jérôme Cahuzac s’écharpent sur la taxe sur les ordis et la publicité à la télé comme lors d’une scène de ménage. Cécile Duflot s’étrangle quand elle entend Arnaud Montebourg considérer le nucléaire comme une énergie d’avenir. Manuel Valls prône la fermeté de la police et Christiane Taubira pratique le laxisme de la justice. Vincent Peillon et Nicole Bricq parlent par inadvertance avant même que les arbitrages n’aient été rendus. C’est le ministère patraque.

Ce gouvernement fait chaque jour de plus qui passe la preuve de son incompétence et de son impréparation. Il nous inflige son amateurisme et peine à être au-dessus de l’emmêlée. Parti la fleur au fusil et un tracteur en guise de cerveau, il a reçu l’onction médiatique à sa nomination et déçu la population d’électeurs qui avaient naïvement cru en lui. Plus que tout, ce sont ses mensonges qui déçoivent et irritent. La gauche a promis la croissance, la justice et l’ordre alors qu’elle n’y croyait pas elle-même. Ainsi en retirant la taxe à 75%, le plafonnement du prix de l’essence et le droit de vote des étrangers, elle montre ce dont elle est incapable.

La droite est soulagée que la gauche ne fasse pas mieux qu’elle. Il n’y a rien de pire que de perdre le pouvoir et de voir l’adversaire le prendre et faire mieux. Cela ne garantit pas une victoire électorale ni en 2014 ni en 2017, mais c’est mieux que si c’était pire. Cinq mois après son élection, François Hollande est déjà plus impopulaire que Nicolas Sarkozy à cette altitude du mandat et ses débuts sont définitivement ratés au contraire de son ex et futur rival. Il n’y a pourtant pas de quoi sourire : le pays sera dans un état déplorable quand il faudra le récupérer.

C’est presque avec étonnement que les naïves ont constaté que le chômage était aussi de 10% sous le paradis socialiste. Ce n’est pas avec les mesures ânonnées plus qu’annoncées que la situation va se redresser, puisque François Hollande s’est empressé de mettre en panne tous les moteurs de la croissance française. Sa contreréforme grève la consommation, l’investissement et la compétitivité. Elle déprime l’offre et la demande et consacre sans le vouloir le rentier et le plaisancier au détriment du créateur et du travailleur, en s’obstinant à maintenir les 35 heures.

La solution de facilité pour l’UMP serait d’attendre sans dommage les bévues et bavures du gouvernement avant d’ouvrir la besace lors des élections intermédiaires. Le PS a utilisé cette stratégie après 2002 et elle a mis 10 ans à réussir. Ne rien faire, c’est prendre le risque de laisser les autres faire à sa place. François Hollande ne sera pas comme Nicolas Sarkozy un Président que les Français auront appris à détester, suffisamment pour vouloir le démissionner. Il ne sera qu’un capitaine de chaloupe, pris dans les remous des bêtises de son propre gouvernement.

 

A propos de Damien Paxau

Rédacteur en chef du blog EN RASE CAMPAGNE sous le nom de Carbone 12. UMP historique et soldat de la reconquête. http://en-rase-campagne.over-blog.com/

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