Cette lettre n’est pas une mise en demeure. Elle n’a aucun caractère comminatoire. Prenez-la comme un appel pressant, très insistant, un appel au strict bon sens, voire à l’intelligence, si ce n’est pas trop demander (sourire).
La France ne va pas bien et, en disant cela, je sais que je ne vous apprends rien. La France n’est pas en convalescence. La maladie la gagne, pernicieuse, et de plus en plus douloureuse. Les « médecins » qui nous gouvernent ne sont pas capables de dresser un diagnostic et encore moins capables de trouver le bon traitement. Son obésité structurelle affaiblit son coeur et ses poumons. Et au lieu de s’attaquer à l’obésité, on met son coeur et ses poumons sous assistances.
Nous savons qu’en ne s’attaquant pas aux causes, il n’y a aucune chance de remettre la France sur pieds.
Nous sommes dans l’opposition depuis le 6 mai, convaincus que nous allons devoir nous battre contre cette maladie et, surtout, contre les « pontes » qui ne veulent pas regarder la maladie en face. La priorité, c’est de les exclure du parcours de soins. Il y a urgence et nous avons, sans doute, quelques moyens de le faire.
Seulement voilà, comme l’avais soufflé Guy Mollet, Président du Conseil, en 1956 : « nous avons la droite la plus bête du monde ». Guy Mollet était socialiste, membre puis secrétaire général de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière, un nom pareil, il fallait oser !) Et 56 ans plus tard, je pense que la droite, NOTRE droite, n’a pas changé ! A mon grand dam …
Voyez, entendez, lisez les invectives, les expressions de rancoeurs, les attaques assassines, au sein même de notre fratrie ! Croyez-vous, au plus profond de vous-même, que l’esprit de reconquête peut prendre toute sa dimension dans un tel contexte de défiance ? Moi, NON !
Je ne crois pas aux bisounours, mais à l’intelligence des situations. Imaginez une droite qui se situe entre le centre gauche et le FN (les deux étant exclus), composée de trois, voire quatre, partis ? A entendre certains m’assurer que si l’un des deux candidats est élu à la tête de l’UMP, les militants favorables à l’autre vont rendre leur carte, je me dis que Guy Mollet doit se tordre de rire, dans sa tombe. Et moi, j’ai envie de pleurer.
Je vais être très clair. Que ce soit l’un des deux candidats qui soit élu à la Présidence de l’UMP, ou l’autre, je m’en tape le coquillard !!! Je sais pour lequel des deux je vais voter. Je ne vous dirai pas quel est mon choix. Non par veulerie, ni par manque de clarté. Seulement parce que je veux, plus que tout, pouvoir, à mon humble niveau, parler à tous, tout faire pour réunir, pour rassembler, pour fédérer, au lendemain du 18 novembre.
A bien y réfléchir, nous n’avons pas UN ennemi, mais TROIS ! Le premier, nous l’avons toutes et tous, identifié, depuis le 6 mai. C’est l’ensemble de la gauche au pouvoir. Et c’est le seul combat qui vaille.
Mais nous avons deux autres ennemis : notre fatalisme et nos dissensions. Sur le fatalisme, je vous conseille de lire, si ce n’est pas déjà fait, le billet de Mischa Malikov, hier, qui décrit très bien cet état d’esprit : http://www.oppositionrepublicaine.com/OR/peuple-de-droite-reveille-toi/
Tout y est dit. Et je trouve que c’est désolant. On ne peut, devant une telle situation, un tel amateurisme, un tel dogmatisme, se contenter de dire : « nos institutions font qu’on en prend pour 5 ans » et regarder benoîtement (tant pis pour moi !) le compte à rebours défiler, pendant ces 5 années. Cette attitude, totalement passive, joue contre nous et contre l’intérêt de la France.
Pour ce qui est de nos dissensions, menace active sur notre combat, je suis anéanti par la médiocrité de certains propos. Pour la première fois dans l’histoire du parti majoritaire (car il l’est !), le Président sera élu, démocratiquement, par les adhérents. Il est normal qu’une campagne électorale précède cette élection et que chacun des candidats ait des soutiens et des alliés. Mais, contrairement à une élection politique nationale ou locale, celui qui ne sera pas élu ne se retrouvera pas, ipso facto, dans l’opposition au vainqueur. Du moins, je l’appelle de mes voeux. Alors, est-il nécessaire de s’envoyer des noms d’oiseaux, pour ne pas dire pire, lorsque tout le monde s’accorde sur un objectif commun : battre la gauche aux élections territoriales, européennes et présidentielle ?
Permettez-moi d’adresser une sentence aux instances de l’UMP. Les temps ont changé. Le Président de l’UMP ne pourra plus imposer SA marque, comme on l’a connu par le passé. Il ne sera pas « propriétaire » de la politique et du projet qu’il devra porter, au nom des adhérents/militants. Il ne pourra faire l’économie de l’écoute attentive de la base. Les temps ont changé. Les moyens de communications et la maturité politique des adhérent s’imposent d’eux-mêmes.
Par conséquent, et j’insiste particulièrement sur ce point, ni l’autre, ni l’autre ne pourra mener une politique monolithique, la sienne. Ce sera à nous, adhérents et militants, à l’écoute des sympathisants et des électeurs de droite, d’infléchir ou, au contraire, de renforcer, selon les cas, la « politique initiale ». Nous y veillerons.
Voilà pourquoi le résultat de l’élection du 18 novembre est important mais pas déterminant.
La primaire pour l’élection présidentielle de 2017 sera une autre affaire !
Opposition Républicaine, créée au lendemain du 6 mai, avec le succès que l’on sait, affirme clairement sa volonté de placer l’adhérent/militant/sympathisant au coeur du débat. A côté de nous, d’autres initiatives qui vont dans le même sens se sont développées. Le jour venu, celui que nous attendons avec impatience, tous se retrouveront pour parler d’une seule et même voix. De notre côté, c’est l’engagement que nous prenons.
Et, pour la première fois de notre histoire politique, il faudra bien que nous soyons entendus.
Opposition Républicaine

Merci beaucoup Benoît pour ce magnifique billet (à 1 mot près
…)
Et contente de votre retour.
Vous étiez probablement très occupé ailleurs, mais vous m’avez beaucoup manqué…
Du début à la fin, toute votre chronique est frappée au coin du plus profond (et du plus simple) bon sens. Cela devrait être évident pour tous.
Il est inévitable qu’il y ait des points de frictions entres les diverses personnalités. Mais, pour l’heure, il y a URGENCE ET PÉRIL en la demeure.
Alors, faisons fi de ces divergences. Si besoin, on les règlera plus tard. En temps de « paix ».
Déjà, attendre le 18 novembre pour débuter les « travaux d’Hercule » qui nous attendent me paraît exagérément long. Alors, de grâce, n’y ajoutons pas la division.
Nous aurons besoin de toutes nos forces, de toutes LES forces pour tenter le sauvetage du Titanic-France. Ce magnifique paquebot, perdu au sein d’une exceptionnelle tempête et qui, hélas, ne dispose que d’un capitaine de pédalo, non seulement inexpérimenté, mais de surcroît incompétent, qui, au lieu de chercher à éviter les écueils et autres icebergs, n’a d’autre ambition que de foncer droit dessus.
Comme vous, et probablement même plus encore, je déplore (et même je condamne) le jeu de fléchettes auquel se livre un candidat. C’est une mesquine (et dangereuse) stratégie de perdant sur toute la ligne. Néanmoins, si c’est celui qui est élu, je le suivrai quand même sans hésiter et sans état d’âme (mais en n’en pensant pas moins !), pour l’intérêt supérieur de la France.
Il est déjà peu probable que la France soit en mesure de survivre à ce sinistre quinquennat. Il est donc indispensable de TOUT faire pour éviter qu’il y en ait un second.
Et il serait bienvenu de réfléchir, dès à présent, à la création très rapide de petites structures permettant de limiter, au moins localement et/ou ponctuellement, les pires conséquences des désastreuses décisions de tous ces Pieds Nickelés. Comment, je ne sais pas. Mais je fais confiance aux jeunes générations pour avoir des idées…
Bien sûr que j’ai lu l’article de Mischa ; et que je l’approuve totalement.
Même si j’ai un peu pondéré par le fait que, parfois, le contexte pouvait être très difficile, voire dangereux, et que tout le monde n’avait pas le don de transmettre son savoir et/ou ses convictions. Sans parler de ceux à l’adhésion empirique et/ou intuitive, qui, de ce fait ne peuvent argumenter.
Raison de plus pour que ceux qui le peuvent se mobilisent et se battent bec et ongles pour la redressement de la France, partie à la dérive.
Signé : chanteuse « amateur » qui lutte aussi pour préserver la noblesse de ce terme
Merci Benoit pour votre billet d’humeur..
J’ai pu voir FIllon et surtout l’écouter.. Je n’ai par contre pas vu Copé ( j’étais pris)
Oui chacun représente une sensibilité mais il est clair et François Fillon l’a .. il faudra se rassembler et avoir un projet de reconquête tenant compte de toutes ces sensibilités..
De même que la parole au militant semble essentiel dans la bouche de François Fillon. Il a également évoqué la notion de cadre militant se formant et formé par l’UMP pour défendre nos idées. S’organiser pour battre la gauche semble une bonne idée
Ceci dit il y a encore un fossé entre un militant qui est actif et monsieur ou madame Michu dont la mobilisation ne se fera que lorsque son quotidien sera gravement touché
Oui il faut vite se mobiliser pour faire sauter ce gouvernement véritable danger pour la France mais avant le 18 novembre cela risque d’être un peu compliqué…