DE LA FRANCE-AFRIQUE VERS L’EURO-AFRIQUE
Enjeux
L’Afrique connaît depuis une dizaine d’années des mutations d’une ampleur sans précédent. Les fragilités structurelles ainsi que les risques politiques, sécuritaires et environnementaux auxquels est confronté le continent persistent.
Toutefois, relativement épargnée par la crise économique, la dynamique économique et sociale du continent africain se confirme depuis 2008.
La population africaine devrait plus que doubler à l’horizon 2050, passant de 860 millions de personnes à 1,8 milliards en 2050 soit 20% de la population mondiale. Ces évolutions, conjuguées à l’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants, sont de nature à entraîner une transformation en profondeur de ses relations avec le reste du monde, en particulier avec les anciennes puissances coloniales.
Des investisseurs étrangers provenant de pays tels que la Chine et la Russie pénètrent de plus en plus le tissu économique de l’Afrique. Les anciennes puissances coloniales européennes, notamment la France et la Grande Bretagne compte tenu des liens culturels, économiques et politiques qui se sont tissés avec l’Afrique auront et devront avoir un rôle crucial à jouer dans la modernisation de l’Afrique, berceau de l’Humanité.
Politique africaine de Nicolas Sarkozy.
La politique africaine de Nicolas Sarkozy a été marquée par le discours d’Afrique du Sud, «un discours historique qui donne du sens à la rupture».
Discours devant le Parlement d’Afrique du Sud au… par elysee
Le discours du Président de la République Nicolas Sarkozy a permis d’augurer une révolution sans la diplomatie française sur le continent africain. D’après Nicolas Sarkozy, le redémarrage de l’Afrique qui est le continent de demain se jouera en Afrique du Sud. «Nous y avons une forte présence française, un partenariat économique important, qui peut se développer».
Comme l’a répété Rama Yade (Parti Radical), il est urgent de tourner la page de la France-Afrique.
Rama Yade trouve le discours de Nicolas Sarkozy en Afrique du Sud pour la révision des accords militaires vers plus de transparence, ce qui est en adéquation avec l’Afrique d’aujourd’hui que le discours de Dakar.
«Cinquante ans de France-Afrique, ça ne se remet pas en cause d’un coup. La politique des petits pas est raisonnable. Il faut s’engager vers un nouveau type de partenariat transparent et d’égal à égal»
Rama Yade estime que l’Afrique ne devrait pas être un terrain de jeu pour les intermédiaires. Les africains sont assez grand pour échanger d’égal à égal, directement avec nous, la France ayant d’excellents diplomates pour faire ce travail.
«Nicolas Sarkozy en conduisant son intervention en Lybie a mené une guerre juste et la France est belle comme cela» cite Rama Yade.
D’après le député Axel Poniatowski (UMP), la politique africaine de Nicolas Sarkozy, tout au long de son mandat , a été marquée par une rupture avec les pratiques anciennes qui s’est traduite par la présence militaire française. Dans les années 60-70, 30 000 hommes étaient stationnés en Afrique alors qu’aujourd’hui, ce sont 10 000 qui sont stationnés. Le nombre de bases permanentes en Afrique est passé de 7 à 2 : Djibouti et Libreville. En outre, les accords militaires ont une philosophie résolument différente.
Toujours selon Axel Poniatowski, cette rupture s’est également affirmée par le soutien du régime démocratiquement élu en Afrique, et l’affaire ivoirienne en a été un exemple très important. Ouattara, président légitimement élu en Côte d’Ivoire devant absolument prendre ses fonctions. En outre, la rupture s’est concrétisée par l’accroissement de l’aide pour le développement (APD), représentant 0,5% du PNB et qui malgré cela reste insuffisante.
La rupture a été aussi les priorités que Nicolas Sarkozy a arrêtées lors de la présidence du G20 avec le développement des infrastructures et de la sécurité alimentaire, notamment pour la garantie des cours d’un certain nombre de produits alimentaires.
Avec Nicolas Sarkozy, la rupture a été sans précédant par rapport à ses prédécesseurs notamment François Mitterrand et Jacques Chirac.
Position du PS.
Parmi les 30 engagements du projet socialiste 2012, aucun d’entre eux n’aborde les relations et l’aide à apporter aux pays en voie de développement.
Rompre avec la «France Afrique» et développer de nouvelles relations constitue le 58ème engagement de François Hollande qui s’est engagé à rénover en profondeur des relations avec l’Afrique en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité, ainsi que de relancer la francophonie.
Pour François Hollande, la relation entre la France et ses partenaires africains doit se faire entre égaux sans rapport de subordination.
«Le principal engagement de François Hollande , c’est de mettre fin à des relations marquées par la corruption, le paternalisme dans un sens , des accords économiques passés entre dirigeants, parfois au détriment des intérêts et de la France et des pays africains avec lesquels nous coopérions, ce qu’on appelait la «France-Afrique». C’est une forme de relation qui se préoccupe moins de l’intérêt des peuples que de l’intérêt ou des dirigeants ou des entreprises. Et ça c’est un engagement fort.» a expliqué Benoit Hamon.
Dans son projet, François Hollande n’apporte rien de nouveau et surtout rien de concret par rapport à l’action entreprise par Nicolas Sarkozy qui a donné un sens à la rupture et les positions de Rama Yade sur le sujet.
En outre, lorsque Benoit Hamon parle d’engagement fort, faut il sous entendre qu’il soutenait l’action de Nicolas Sarkozy qui est le premier à avoir amorcé une rupture dans les relations avec l’Afrique.
Projet de l’UMP 2012.
Dans son projet pour 2012, l’UMP avait pour ambition d’être à la pointe du combat pour une mondialisation équitable en permettant aux pays les moins développés d’élever leur niveau de vie grâce à une politique de co-développement solidaire en :
- En renforçant le rôle de l’Agence française de développement et, d’autre part, en fusionnant la vingtaine d’opérateurs qui dépendent aujourd’hui de différents ministères au sein d’une seule et unique agence de coopération technique internationale afin de mobiliser l’excellence française dans tous les domaines, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères.
- En transmettant les savoir-faire aux pays les moins avancés, par la mise à disposition de Français compétents au service d’entreprises des pays les moins avancés, notamment grâce à des VIE seniors (volontariats international en entreprise) destinés à des salariés expérimentés pouvant ainsi contribuer au rayonnement de la France et au développement des relations économiques.
- En créant un contrat à durée déterminée spécifique, en lien avec la carte bleue européenne, avec un volet formation important.
- En mettant en place une taxation sur les transactions financières contribuant ainsi à financer le développement économique et social des pays les moins avancés et la lutte contre le changement climatique.
Manifeste du Parti Radical 2012.
Dans son manifeste 2012, le parti radical considère l’Afrique comme continent frère et estime qu’il peut devenir à terme le premier relais de croissance de l’Europe, à condition, de nouer un nouveau partenariat.
Les radicaux considèrent en effet que l’Afrique peut devenir à terme le premier continent totalement autonome sur le plan énergétique grâce aux énergies renouvelables. En outre, le parti radical proposait d’organiser les premières assises de la Francophonie afin d’aborder tous les sujets (éducation, instruction, place du français dans les entreprises, dans la publicité, dans la communication, dans les sciences et les nouvelles technologies…) avec tous les acteurs concernés.
Les radicaux sont favorables à la construction d’un véritable partenariat économique, scientifique, artistique et culturel avec l’Afrique.
En comparant les trois projets, il est affligeant de constater que le parti socialiste est délaissé les relations avec le continent africain et que l’engagement de François Hollande ne fait que reprendre l’action d’un homme qu’il a tant critiqué...
Conclusion.
Au delà du rôle de la France en Afrique, c’est l’Europe qui devra s’affirmer davantage sur le continent africain afin de maintenir un rôle de leadership dans les relations avec l’Afrique.
S’il est urgent de tourner la page de la France-Afrique, il est également urgent d’ouvrir celle d’une Euro-Afrique établissant des rapports équitables et apportant un réel bénéfice aux peuples africains et européens
Opposition Républicaine
