Mariage Pour Tous : Quelles sont les limites de l’égalité et du modernisme ?

Mariage Pour Tous : Quelles sont les limites de l’égalité et du modernisme ?

Le débat sur le mariage homosexuel dépasse tout ce que notre cher président avait pu imaginer.

Et pour cause, ce sujet pose une multitude de questions auxquelles il n’est pas évident de répondre instantanément. Ce président du rassemblement semble être le plus diviseur et nous oblige à réfléchir sur des sujets importants concernant notre avenir …

Le principal argument évoqué par les membres convaincus du bienfait de cette proposition de loi réside en l’égalité de traitement pour les hétérosexuels et les homosexuels.

Cet argument est très incisif et a pour but de culpabiliser toute personne n’étant pas en accord, encore faut-il que cette personne prenne en compte une quelconque égalité dans son esprit.

Avant de définitivement culpabiliser et ainsi tomber dans ce piège rondement mené, essayons de voir en quoi consiste cette égalité.

Concernant l’union d’un couple homosexuel, comment ne pas être d’accord avec ce principe.

Même s’il fût un temps où le pacs eut du mal à passer, l’égalité peut être respectée car cette union ou mariage concerne deux personnes différentes, peu importe son sexe. L’amour doit donc triompher, l’inverse devrait s’appeler homophobie.

L’égalité de l’adoption est à priori équivalente à celle de l’union puisqu’une adoption concerne des parents non biologiques. Au détail près que l’adoption en France pour un couple hétérosexuel n’est possible qu’après un parcours complexe avec des délais d’attente forts longs. Là se pose déjà la question d’un quelconque favoritisme suivant les dossiers d’adoption, les discriminations étant bien sûr non négligeables.

Nombreuses sont les personnes opposées au projet nous martelant d’une famille idéale composée d’un papa et d’une maman pour le bien-être de leurs enfants. Vu le nombre de divorces et de séparations enregistrées à l’heure actuelle, qui peut encore prouver d’une telle famille idéale ?

Le drame familiale de Garons cette semaine est là pour nous le rappeler, la folie ou le désespoir peut se trouver n’importe où à n’importe quel moment. L’argument ne tient donc pas.

Abordons maintenant le difficile sujet de la Procréation Médicalement Assistée, quelle égalité peut-il y avoir entre un couple classique et un couple homosexuel ? Aucune, si ce n’est par l’illusion et l’intermédiaire de la Gestation Pour Autrui. Les couples gays et lesbiens voulant eux-aussi avoir la possibilité d’avoir un enfant biologique.

La maternité pour autrui est à ce jour interdite en France pour les couples hétérosexuels, par principe d’égalité, elle n’est donc pas concevable pour les homosexuels à moins d’un changement de la loi. Et ainsi, certaines femmes hétéros pourraient par exemple avoir l’envie de porter l’enfant de leurs propres sœurs. Qui voudrait leur en empêcher ? Où sont les limites de cette maternité pour autrui et y a-t-il quelqu’un de qualifié pour diagnostiquer ces limites ? Les lois ne sont-elles pas constamment détournées ? Pourrions-nous imaginer une société avec des riches demandant aux pauvres d’effectuer la gestation de leurs propres enfants ?

L’égalité est arrivée à ses limites …

Le deuxième argument porte sur la modernité du projet, mon expérience professionnelle m’incite à ne penser qu’à une chose :

La modernité d’aujourd’hui est l’obsolescence de demain

Cette citation est à double tranchant mais elle indique la non-nécessité de précipitation d’un projet qui plus est touchant à des fondamentaux pour notre société

Les termes «égalité» et «modernisme» sont des termes inappropriés pour ce projet de loi car il ne nous permet pas de choisir entre ce qui serait le bien et le mal.

Il semblerait donc que la droite et tout particulièrement l’UMP soit bien tombé dans le piège du gouvernement avec une réponse totalement opposante de la part de ses dirigeants. Ce parti étant à sa création un rassemblement de plusieurs mouvements politiques, cette diversité doit être une force et non un sujet de divisions. La liberté de penser doit prédominer comme vient de le rappeler Jean François Coppé.

Après avoir été insulté de raciste durant la campagne présidentielle, j’en ai également assez de ces insultes concernant l’homophobie et le non respect de l’être humain. L’impression d’être de droite et surtout de l’UMP devient une tare. Franck Riester et Benoit Apparu l’ont bien compris et ont fait le choix de se démarquer mais à quel prix ? L’avenir nous le dira …

Jeune adhérent, je voulais juste rappeler qu’adhérer à un parti ne veut pas dire adhérer à toutes les idées de ce parti.

Je ne me laisserai pas culpabiliser ni insulter par les partisans de ce projet de loi et je ne suis pas non plus en harmonie avec les opposants. Je me demande bien en quoi un référendum pourrait me faire changer d’avis. A la question, êtes vous favorable au mariage pour tous, je répondrais donc oui pour la question de l’union en restant donc encore très indécis pour la suite …

Christophe Bertholio

 

@krisb74000

 

A propos de Christophe Bertholio

7 commentaires

  1. Un couple c’est un homme et une femme. C’est le respect de l’altérité sexuelle.

    Deux hommes ensembles ou deux femmes ensembles forment des réalités différentes du couple. En particulier dans ces unions il y a rejet de l’altérité sexuelle.

    Un même mot, couple , ne peut être utilisé pour nommer des réalités différentes.

    Le terme couple doit être réservé à l’union d’un homme et d’une femme. Pour les unions homosexuelles on pourrait utiliser les termes « duo » ou « paire » .

    • Merci pour votre commentaire.

      Concernant le mot couple, je préfère la description donnée par Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Couple_(droit_et_sociologie)

      Un couple, en sociologie comme en droit désigne un « ensemble de deux personnes liées par une volonté de former une communauté matérielle et affective, potentiellement concrétisée par une relation sexuelle conforme à la loi »

      Pourquoi remettre ce terme en question ?

      Cordialement

      • Je complète mon post initial.

        L’emploi d’un même terme pour désigner deux réalités différentes conduit à des confusions.
        On ne peut donner un même nom, en l’occurrence « couple » à l’union homosexuelle et à l’union hétérosexuelle. En effet l’union d’un homme et d’une femme est différente de l’union entre deux hommes ou entre deux femmes, à moins de considérer que l’homme est identique à la femme.
        L’homosexualité est une forme d’ intolérance à l’altérité sexuelle alors que l’hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle.
        L’utilisation d’un même terme, « couple » pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, est anormale.
        A deux types d’unions différentes il faut donner des noms différents : « couple », comme on l’utilise depuis toujours pour les unions hétérosexuelles et, pour les unions homosexuelles, on peut préconiser le terme « paire » car cette union concerne deux personnes de sexe identique.
        Si le couple est composé de deux personnes c’est qu’il y a deux sexes différents. Le chiffre « 2″, en tant que tel, n’ouvre aucun droit. S’ agissant d’homosexuels, le sexe étant le même pour les deux personnes, cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq.

        Toute confusion dans les termes entraîne une confusion dans la perception de ces deux réalités. Cette confusion peut amener à souhaiter un même régime juridique , en l’occurrence le mariage, pour des unions qui sont différentes.

        • J’aimerais revenir sur certains points de votre pensée, histoire de bien la comprendre :

           » à moins de considérer que l’homme est identique à la femme. » voudriez vous donc dire que homme et femme sont différent? à l’heure où tout le monde prône l’égalité homme-femme et où l’on veut effacer la frontière entre les deux sexes. Avec ces propos, vous semblez dire qu’il serait mieux de revenir au temps où les femmes étaient à la maison et les hommes au travail.

          Si c’est bien votre dire, alors vous avez des arguments convaincants. Dans le cas contraire, si hommes et femmes sont bien égaux, alors il n’y a plus de nuance entre 2 et couple.

          Ce que je veux dire ici est qu’on ne peut prôner l’égalité homme-femme (en droits puisqu’il s’agit d’aspect juridique) et en même temps distinguer une union homosexuelle d’une union hétérosexuelle.

          Soit nous avons un siècle d’évolution en trop, soit vous distinguez deux individus égaux de deux individus égaux. Ce qui n’as aucun sens

          • L’homme et la femme sont égaux en droit , Ils ne sont cependant pas identique puisqu’il se complète. L’ humain c’est un homme et une femme.

  2. Christophe, voilà, tardivement il est vrai, mon commentaire. Tu as parfaitement raison d’exposer, en préalable, la complexité du sujet. La gauche, sans doute guidée par ses vieux réflexes dogmatiques a utilisé une rhétorique destinée à mettre les opposants dans l’embarras. Ce n’est pas un hasard, ni une erreur de casting, en mettant en avant Bertinotti, NVB et Taubira !
    Si je suis totalement favorable à une union qui donne les mêmes droits patrimoniaux et successoraux aux couples homos qu’aux couples hétéros, j’ai quelques points de résistance sur l’adoption. S’agissant de l’adoption d’un enfant déjà né ou adopté de l’un des deux conjoints, l’adoption par l’autre me semble de bon sens (à condition évidente qu’il n’y ait pas de 2ème parent vivant connu). En revanche, considérant que l’adoption est destinée, en premier lieu, à donner une famille à un enfant, et non pas un enfant à une famille, je trouve que cette loi va satisfaire un « caprice ». Je ne conteste pas à un couple homo le désir de donner de l’amour à un enfant ni sa capacité à l’éduquer. Mais, alors que je vis avec une femme dont les 3 enfants sont adoptés (majeurs aujourd’hui), je peux affirmer que le besoin, pour eux, de remonter le cours de l’histoire jusqu’à leurs racines est totalement incompatible avec l’état-civil qu’on est sur le point de proposer à ceux qui partageront leur parcours.
    Pour ce qui est de la PMA et de la GPA, je me réserve d’autres commentaires, plus péremptoires !

    En conclusion, je veux te dire que j’apprécie le coeur et le bon sens que tu as mis dans ton article.

    Cordialement

  3. l’essentiel des doutes légitimes que toute personne de raison pourrait avoir sur ce sujet est dit. je ne vois pas qui pourrait reprocher à quiconque de se poser ce style de question.
    pour ma part, je dirais que l’égalité de l’union entre 2 personnes est légitime. sur ce sujet, et uniquement celui-ci, les arguments des opposants reste, pour moi, reste une vaste farce et, si vous me pardonnez cette facilité, d’un autre âge !! que les opposants ne craignent pas une évasion arc en ciel le jour où les couples gay pourront enfin passer devant le maire. ce ne sera que l’exposition au grand jour de ce qui existe depuis des siècles… la seule évolution est que maintenant, nous n’enfermons plus, ne tuons plus, ne mutilons plus les gays ! enfin, dans les pays évolués, évoluants,…
    pour l’adoption, je pense d’abord aux enfants, à leurs droits, à leur protection… pourquoi refuser d’enfin encadrer et enfin réglementer sur quelque chose qui existe déjà. j’pourrais développer, mais j’ai pas envie de squatter… vous avez mon mail… j’vous laisse envoyer vos questions…
    la P.M.A…. il est bien non autorisée par notre loi, pour des raisons qui nous semblent, apparemment, logiques et censées… comme c’est déjà le cas pour les couples hétéro, cela me semblerait logique, d’autant que je me souvienne de mes cours de sciences-nat´, qu’elle le soit aussi pour les couples homosexuels…
    pour conclure, je rappellerais juste que cela reste un avis… MON avis…

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