Oyez, oyez, gens de droite !

Oyez, oyez, gens de droite !

Plus de cinq mois après l’élection « accidentelle » de François Hollande, il serait temps que nous nous posions les bonnes questions. Nous n’allons pas continuer à noyer notre chagrin dans les réseaux sociaux, riant des bons mots de certains, pleurant sur les catastrophes annoncées ou prévisibles … Bien sûr, tout un chacun y verra la nécessaire soupape à sa colère et à son inquiétude. Et c’est bien ainsi ! Mais, à y réfléchir un peu plus, je crains que nous restions dans la même opposition passive durant des mois, voire des années.

Nous ne pouvons nous payer ce luxe, car la France n’en a pas les moyens.

Le harcèlement, en politique, est une tactique qui a fait ses preuves, notamment pendant les cinq dernières années. Il faut le continuer, tout en élaborant une stratégie d’opposition de choc.
Pour cela, nos devons réfléchir, avec intelligence, bon sens et discernement. A vouloir s’opposer à tout, on prend le risque de n’être crédible sur rien, et de voir nos propos et nos récriminations passés au pilon du mépris au motif qu’ils ne trouvent leur essence que dans une opposition obtuse.

Je prends un exemple qui a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines, le mariage pour tous et l’homoparentalité, dont l’adoption. Les couples gays et lesbiens qui, aujourd’hui, voient leur union régie par le Pacs, contrat passé devant un juge (!), demandent, réclament, à cors et à cris, que la totalité des droits accordés par le mariage leurs soient reconnus. A vos yeux, et à ce stade, leur revendication n’est-elle pas fondée ? Beaucoup d’entre vous m’ont dit qu’ils seraient d’accord avec une réforme du Pacs qui leur donne, entre autres, les mêmes droit de transmission du patrimoine qu’aux couples mariés. En poussant, le raisonnement un peu plus loin, le Pacs modifié, rénové, complété, pourrait être rebaptisé « union civile », conclue devant un édile de la Nation (Maire ou adjoint). Ce qui permettrait de maintenir la différence avec la référence historico-religieuse du mariage. J’en profite pour rappeler que le mariage ne donne pas de droit d’avoir des enfants. Ce n’est pas le problème de la Loi. Il régit seulement la relation légale entre deux personnes.
Si ce volet est accepté par le plus grand nombre, il sera plus facile de concentrer tous nos efforts sur le problème de l’adoption et, à fortiori, celui de la procréation médicalement assistée, sujets sur lesquels il n’est pas question de lâcher.

Et, du coup, le gouvernement et ses acolytes ne pourraient nous confiner dans une représentation « spinalienne » de l’opposition mécanique et stupide, entrainée par telle ou telle forme de communauté, religieuse ou moraliste. Par ailleurs, ce faisant, nous verrions chuter, significativement, la pression des LGBT sur le gouvernement, puisque leur voeu principal serait exaucé.

Ne perdons pas de vue que la réforme du Pacs, éventuellement devenu « union civile », est une réforme administrative et organisationnelle de la société. Elle n’est, en rien, une bousculade de notre socle culturel et sociétal.

Je ne cherche pas, dans mon exemple, à relancer le débat de fond sur le sujet. Pas aujourd’hui. Je veux juste démontrer qu’il faut parfois, entre deux maux, accepter le moindre, pour concentrer le traitement sur le pire. La thérapie n’en est que plus efficace. Les chances de guérison s’en trouvent, de facto, augmentées.

L’opposition systématique peut vite trouver ses limites. A l’heure où beaucoup se demandent, déjà, s’il ne serait pas opportun de descendre dans la rue, je me dis qu’il faudrait connaître parfaitement nos objectifs, les definir clairement et les exprimer de façon lisible et intelligible par la très grande majorité des Français.

Soyons, tout simplement, plus intelligents et plus matures dans notre opposition que ce à quoi nos adversaires s’attendent. C’est, probablement, un bon moyen de les destabiliser.

ON NE LÂCHE RIEN, ON SE BAT, MAIS ON REFLECHIT !

A propos de Benoît Desaulle

Un regard amusé et trop souvent désabusé sur la politique ...

4 commentaires

  1. Je partage en grande partie votre analyse , mais ne craignez-vous pas qu’en cédant sur l’union civile cela finisse en victoire à la Pyrrhus ?. Les partisans de l’adoption ne reculeraient-ils pas que pour mieux sauter ?

  2. Merci beaucoup Benoît pour cet édito que je trouve PARFAIT.
    J’y adhère totalement. A chaque mot près… ;) .

    Vu la façon dont vous présentez la situation, clairement, justement et sans la moindre provocation à la polémique, je pense qu’on ne peut qu’être d’accord.

    Il me semble légitime que les homosexuel(le)s souhaitent pouvoir se transmettre leur patrimoine. D’une part sans passer sous les fourches caudines de droits de successions confiscatoires (66%), voire sans le risque d’être totalement dépouillés ; car, en cas de décès, et sauf dispositions particulières (auxquelles on ne pense pas toujours dès le début), l’héritage complet revient à la famille du décédé ; pas à son compagnon (ou à sa compagne).
    Je peux aussi comprendre qu’ils souhaitent signer ce contrat devant le Maire plutôt que devant le Juge. Je ne pense pas que ce soit si important que cela (les hétéros l’acceptent bien), mais j’en comprends et admet l’aspect symbolique.
    Sans doute le PACS n’est-il pas parfait. Mais il a le grand mérite d’exister. Et rien ne s’oppose à ce qu’il soit amendé et amélioré. Je ne peux qu’approuver votre proposition, l’ayant moi-même plusieurs fois proposée et défendue.

    Concernant le changement de nom du « PACS » en « Union civile », j’y vois d’autant moins de contestation possible que votre proposition correspond exactement à la définition officielle de ce sigle peu évocateur.
    Et cela aurait le mérite de réserver le terme de « mariage » aux « couples », par opposition aux « paires ». Car, si le mariage « ne donne pas de droit d’avoir des enfants », du moins en terme de législation, nous savons tous que, dans les faits, tel est pourtant le cas.

    Pour peu que « ceux d’en face » acceptent un tel compromis, je pense que le problème serait réglé.
    Au bénéfice de tous, et avec le double retour positif que vous avez bien décrit et sur lequel je ne reviens pas.
    En outre, cela aurait le mérite supplémentaire de répondre fidèlement et dignement à la demande du Président Nicolas Sarkozy : « Ne soyons pas tels qu’ils voudraient nous voir » ; j’ajoute : « et tels qu’ils sont ». ;)

    Bravo et merci beaucoup, Benoît, pour ce remarquable édito. Dont je pense qu’il devrait créer un consensus. Du moins, je l’espère. :)

    C’est exactement ce que j’attends de l’Opposition, et notamment de l’UMP (si elle cesse un jour d’être en interminable campagne interne, et se décide ENFIN à proposer et à agir…) : une critique ferme et vigilante, mais positive et constructive.

    Nos députés ont déjà montré leur sens des responsabilités en votant, avec la gôche, et malgré cela, le traité indispensable au non-isolement de la France par rapport à ses partenaires.
    Sur le terrain, nous devons agir de même.

    Comme vous, je pense qu’il est inutile de pleurer pendant 5 ans. Cela ne sert à rien et n’empêche nullement la destruction de notre pays par des incapables, nuls, sectaires et haineux.
    Nous devons être force de propositions constructives et agir. Sans nous laisser duper.
    Car, pendant que les Pieds Nickelés ruinent la France, et pas seulement financièrement, le monde continue à avancer ; sans nous. Et si nous nous laissons distancer, plus jamais nous ne pourrons raccrocher nos wagons au train, trop loin devant nous.

    C’est pourquoi je vous suis à fond, mais vraiment à fond. :)
    Mais on est bien d’accord : ON NE TOUCHE PAS AUX ENFANTS.

    Car, sur ce sujet, je ne lâcherai RIEN ; pas le moindre millimètre.

  3. Non au mariage gay et à la reconnaissance juridique de l’ homoparentalité.

    I. Le langage

    La normalophobie.

    L’habitude a été prise, depuis une douzaine d’années, d’utiliser systématiquement les termes d’homosexualité ou d’hétérosexualité, au point que personne ne parle plus d’orientation sexuelle normale ou d’orientation sexuelle déviante. Certains sympathisants de la cause homosexuelle refusent même l’emploi du terme « normal » quand il s’applique à la sexualité. Ils ne tolèrent pas que l’on puisse ainsi porter un jugement sur les orientations sexuelles ni, par conséquent, réfléchir sur le mariage gay et l’homoparentalité.

    Des mots précis.

    L’emploi d’un même terme pour désigner deux réalités différentes conduit à des confusions.
    On ne peut donner un même nom, en l’occurrence « couple » à l’union homosexuelle et à l’union hétérosexuelle. En effet l’union d’un homme et d’une femme est différente de l’union entre deux hommes ou entre deux femmes, à moins de considérer que l’homme est identique à la femme.
    L’homosexualité est une forme d’ intolérance à l’altérité sexuelle alors que l’hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle.
    L’utilisation d’un même terme, « couple » pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, est anormale.
    A deux types d’unions différentes il faut donner des noms différents : « couple », comme on l’utilise depuis toujours pour les unions hétérosexuelles et, pour les unions homosexuelles, on peut préconiser le terme « paire » car cette union concerne deux personnes de sexe identique.
    Si le couple est composé de deux personnes c’est qu’il y a deux sexes différents. Le chiffre « 2″, en tant que tel, n’ouvre aucun droit. S’ agissant d’homosexuels, le sexe étant le même pour les deux personnes, cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq.

    Toute confusion dans les termes entraîne une confusion dans la perception de ces deux réalités. Cette confusion peut amener à souhaiter un même régime juridique , en l’occurrence le mariage, pour des unions qui sont différentes.

    II. La loi et le mariage

    Avec le mariage la société reconnaît juridiquement l’importance de l’altérité sexuelle et lui rend hommage, en mariant par exemple des couples qui ne peuvent pas, ou plus, enfanter. La société sait que seule l’ union d’un homme et d’une femme permet potentiellement d’ assurer son avenir. Les hétérosexuels n’ont jamais eu besoin de réclamer un droit au mariage , car une telle possibilité est évidente depuis la nuit des temps.

    Le mariage n’a pas été créé pour permettre au législateur de remettre en cause la liberté individuelle en se préoccupant de sexualité récréative, homo ou hétéro, ni pour s’occuper d’amour. Le maire n’a d’ailleurs pas à demander aux futurs époux s’ils s’aiment ou non. Il ne leur demande pas non plus leur orientation sexuelle, cette dernière, quelle qu’elle soit, ne confère aucun droit. Le mariage est ouvert à tous. Il ne crée ni une injustice ni une discrimination envers les personnes qui sont incapables d’établir une relation complète avec le sexe opposé. Leur déviance de l’orientation sexuelle est la seule cause de leur incapacité à se marier.
    Si chaque individu peut librement se marier, est l’ égal des autres devant le mariage, l’union homosexuelle, elle, n’est pas égale à l’union hétérosexuelle. Seules des choses identiques peuvent être traitées d’une façon égale.

    Malgré le chantage à l’homophobie le législateur n’a pas à étendre le mariage à une union différente de celle pour lequel il est prévu, cela d’autant plus qu’ avec le mariage, le plus souvent, un tiers est concerné : l’enfant . Le législateur, par le mariage, propose un cadre au couple afin de l’aider à se stabiliser et protéger ainsi l’enfant né ou à naître.
    S’il est exact que des homosexuels peuvent avoir la charge d’enfants, la demande de reconnaissance juridique de l’homoparentalité comme une forme de paternité est inutile, l’enfant ayant un état civil et donc un régime juridique clair.

    III. L’enfant

    Une fraction du lobby homosexuel souhaiterait assimiler le couple avec enfant et une paire d ‘ homosexuels élevant un enfant. En effet l’apparence de ces derniers se rapproche de celle du couple normal. Les demandes d’accès au mariage et à l’adoption peuvent de ce fait apparaître parfois comme destinées à faire oublier le caractère spécifique de l’homosexualité. L’enfant deviendrait alors un moyen mis au service d’une cause qui n’est pas la sienne.
    Les maltraitances d’ enfants, quant à elles, doivent être sanctionnées si des parents sont indignes. Les enfants placés dans une famille d’adoption doivent y retrouver le père et la mère qui leur manquent. On ne doit pas utiliser le malheur de ces enfants afin de démontrer qu’ils seraient mieux dans une famille de deux hommes ou deux femmes que dans leur famille d’origine et les transformer ainsi en propagandiste obligés de l’homoparentalité. Quant à l’adoption par un célibataire elle devrait prioritairement permettre que des enfants puissent être adoptés par leur oncle, leur tante, ou un autre membre célibataire de sa propre famille.

    Faire croire à un enfant qu’il a deux papas est un mensonge.
    Faire croire à un enfants qu’il a deux mamans est choquant. Une mère est unique, biologiquement et moralement. C’est cette unicité qui crée le lien enfant-mère à nul autre comparable.

    La loi n’a pas à entériner toutes les situations de fait découlant du comportement de tel ou tel individu sauf à créer une règle par individu et par situation ce qui entraînerait la disparition de la notion même de droit. L’homosexualité a toujours existé, elle est admise par notre société. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage.

    IV Non au mariage pour les gays

    L’union hétérosexuelle peut donner la vie, pas l’union homosexuelle. La première respecte l’altérité sexuelle, la seconde l’ignore. Les principes d’égalité, de non-discrimination, ne s’opposent pas à ce que le législateur règle de façon différentes des situations différentes.

    Le mariage pour les gays est un non-sens.

  4. Cher benoît, combien je partage votre point de vue tout en croyant qu’au-delà de la droite bon nombre de français ne veulent pas du mariage et l’adoption pour tous. Les 3 grandes religions monothéistes, au-delà des clivages politiques, sont au moins d’accord sur ce sujet. Il est assez grave pour essayer de rassembler et démontrer ainsi que nous sommes nombreux à s’opposer à ce qui est une dérive morale grave.
    Ce mouvement doit être portée politiquement par une droite républicaine qui a le devoir de ne pas rester inactive, focalisée qu’elle est par l’élection au sein de l’UMP. Celle-ci doit rassembler, se faire entendre par tous les moyens intelligents possibles. C’est un devoir républicain avant qu’il ne soit trop tard !! Bien à vous
    Xavier

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