Poutine à Paris : nouvel échec de François Hollande

Poutine à Paris : nouvel échec de François Hollande

De Manuel Baroso à Angela Merkel en passant par Barack Obama, les rencontres internationales de F. Hollande se suivent et se ressemblent.

Chacun écoute poliment les bravades, peu diplomatiques, de François Hollande, une fois sur la croissance, une fois sur l’Afghanistan… Puis fermement et diplomatiquement chacun le recadre.

Manuel Baroso, Angela Merkel et Barack Obama, ont tous trois rappelé à F. Hollande l’impérieuse nécessité de résorber la dette de la France avant de songer à créer de la croissance par la dette. Barack Obama, par l’intermédiaire de son secrétaire à la Défense,  a rappelé au « Président Normal » l’engagement de la France en Afghanistan et l’impossibilité « matérielle » de rapatrier avec armes et bagages les troupes françaises avant la fin de l’année. Ce dernier épisode a d’ailleurs donné lieu à un ballet médiatique ubuesque où, dans un souci de crédibilité, seules devaient être rapatriés les troupes combattantes, le matériel et les non-combattants devant partir ultérieurement.

Il ne fût jamais explicité qui assurerait la protection des troupes non combattantes et du matériel laissés en plan, à l’instar d’une armée en déroute.

Personne ne lui demanda non plus de quelle façon, sans les moyens logistiques de l’OTAN, ce rapatriement pouvait s’organiser si ce n’est à louer des gros porteurs russes et à en supporter, seul, les coûts.

Dernière personnalité internationale à avoir rencontré F. Hollande : Vladimir Poutine. Celui-ci en visite officielle ce jour en France, la première depuis sa nouvelle investiture, a lui aussi fermement rappelé F. Hollande aux réalités. Le sujet, cette fois, était la situation en Syrie.

Notre Président, à la recherche de normalité, avait fait de la situation syrienne, l’un des thèmes de sa récente intervention sur France2. Il s’y était prononcé pour une intervention armée en Syrie, affirmant qu’elle devait se faire à l’ombre d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. De ce fait, il a déclaré avoir pour mission de convaincre Vladimir Poutine à lever son véto.

A l’issue de la visite officielle du Président Russe, avait lieu une conférence de presse conjointe, dont s’est saisi le Président Français pour avancer, quelque peu abruptement ses arguments sur la Syrie:  « il n’y a pas de solution possible en Syrie sans le départ de Bachar Al-Assad »,  ce à quoi V. Poutine rétorqua malicieusement : « Si on écarte du pouvoir le président en exercice, est-ce que vous croyez qu’il y aura un bonheur total dans ce pays ? ». Sentant le sujet lui échapper, F. Hollande tenta de rebondir sur le renforcement des sanctions à l’encontre du régime de

Damas, ce à quoi l’hôte du Kremlin rétorqua avec une raideur toute russe : « Je pense que vous le savez vous même les sanctions ne sont pas efficaces« , puis il insista sur les risques de guerre civile, de chaos et de contagion régionale, rappelant ainsi à François Hollande qu’en tant que Président Russe il avait connu ce type de situation en Tchéchénie et ne voulait pas de résurgence.

Fin de non-recevoir donc, et petite leçon à mots couverts de géopolitique!

On mesure une fois de plus le symbole en matière de changement qu’offre F. Hollande au monde.

Lors de la crise georgienne, Nicolas Sarkozy avait su intervenir promptement pour ramener le même Vladimir Poutine à plus de modération. De même en Lybie, Nicolas Sarkozy avait su convaincre la Russie et la Chine de voter l’intervention.

Mais si d’une part, F. Hollande n’a pas le sens diplomatique d’un N. Sarkozy, d’autre part, la situation géostratégique de la Syrie n’a rien à voir avec celle de la Lybie et rend toute intervention beaucoup plus hasardeuse sur le plan militaire dans une région ou les intervenants ont pour nom, Liban, Israël, Iran…

Heureusement que le sujet qui fâche, le bouclier antimissile américain sur le territoire européen, n’a pas été évoqué. En effet, F. Hollande s’y est rallié lors du sommet de l’OTAN à Chicago sans même se poser la question de la perte d’indépendance industrielle européenne inhérente à un tel choix. Dans le même temps, la Russie indiquait qu’elle envisageait des frappes préventives si ce système de défense devait voir le jour. On imagine à quellehumiliation se serait exposée F. Hollande!

A propos de Patrick Metzen

2 commentaires

  1. Je ne sais pas ce qui m’inquiète le plus… Le fait que nos interlocuteurs ne prennent pas vraiment notre président au sérieux, ou le fait que notre président détienne les codes de l’arme nucléaire. S’il réagit au moindre conflit géopolitique complexe en envisageant une intervention que fera t-il quand le France sera menacée ?! Réfléchira t-il suffisamment, saura t-il prendre suffisamment de recul pour prendre la bonne décision. En tout cas, l’installation de ce bouclier antimissile américain sur notre sol, ne devrait pas calmer nos inquiétudes sur ce sujet là.
    Finalement, le plus grand danger de la présidence d’Hollande ne vient peut-être pas de la politique intérieure, on s’en sortira toujours et surtout si on donne la majorité à l’Assemblée à l’UMP ! Mais le danger vient peut-être de nos relations internationales, géopolitiques et extérieures.

  2. Franchement nous ne sommes plus en Correze .. C’est qui ce Président qui nous ridiculise dans le monde …

    Nous n’avons jamais un si mauvais président !

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