Le modèle économique français est assez exceptionnel. Sous prétexte de protéger les emplois, on subventionne tout ce qui est prêt à se casser la gueule. On sauvegarde des emplois au lieu d’adapter les emplois aux changements économiques. On reste arc boutés sur un modèle économique qui n’est plus d’actualité, depuis si longtemps, que maintenant les réformes à faire sont colossales, alors que si elles avaient été faites sur une plus longue période, elles auraient été moins douloureuses.
M Chrétien, ancien premier ministre Canadien, qui a redressé les finances de son pays de 1993 à 2004, disait un jour: « Faire une réforme c’est comme traverser un cours d’eau, si vous ne faites pas un assez grand pas, vous vous trouvez au milieu de la rivière et vous rebroussez chemin. »
Juste pour information, il sait de quoi il parle, car :
M Chrétien a hérité d’un pays largement endetté et proche d’une faillite financière. Pendant qu’il était premier ministre, Jean Chrétien a éliminé un déficit budgétaire de 42 milliards de dollars, 5 budgets de surplus budgétaires ont été enregistrés, 36 milliards de dollars ont été remboursés sur la dette nationale du Canada et les impôts des particuliers et des entreprises ont été réduits de 100 milliards de dollars sur 5 ans, la plus grande réduction d’impôt de l’histoire canadienne.
Je ne dis pas que certaines entreprises ou secteurs n’ont pas besoin d’un coup de main pour traverser une mauvaise passe, mais cela doit être limité dans le temps et non pas parce que tout un secteur est à revoir.
On subventionne le secteur automobile depuis 20 ans et on continue à empêcher sa restructuration, en sauvegardant des emplois qui disparaitront de toute façon à plus ou moins long terme. Bien sûr les politiques nous parlent de développer des voitures qui concurrenceraient les berlines allemandes, mais chaque fois que nos entreprises automobiles ont essayé, cela n’a pas fonctionné. Peut être parce que leurs noms ne sont pas synonymes de grande qualité et de luxe comme BMW et Mercédès le sont.
Toyota l’a bien compris, en créant la marque Lexus, pour se positionner face aux allemandes. Ford a sa division de luxe, Lincoln, Nissan a créé Infinity, en 98, pour le marché Américain. Cette marque, positionnée sur le haut de gamme, a vendu plus d’un million de véhicules depuis son lancement. Elle est arrivée enfin en France.
Nous sommes l’un des rares pays qui donne le monopole des pièces détachées aux constructeurs, et ils continuent à perdre de l’argent.
Qui est perdant dans tout ça ? Le consommateur qui paye des pièces trop cher, et dont les impôts subventionnent les voitures.
Depuis trente ans, on nous parle des difficultés de la presse quotidienne. On la soutient avec environ 1 milliard d’euros par an. Et pourtant, France Soir a disparu !
Bien sûr, on a besoin d’une presse indépendante, mais justement elle ne l’est pas vraiment puisque, sans ces subventions, elle ne survivrait pas.
Pourquoi les pays anglos-saxons ont-ils une presse quotidienne qui se vend ?
Depuis trente ans, on a voulu protéger les petits libraires en créant le prix unique du livre. Honnêtement, vous en voyez beaucoup des petits libraires ? Est-ce que la Fnac a fait faillite parce qu’on l’obligeait à ne pas faire plus de 5% de réduction, bien au contraire, car sa clientèle est restée fidèle et a payé le prix imposé.
Que va-t-il se passer, croyez vous, avec le développement des livres numériques ? On imprimera de moins en moins de livres et les librairies, malheureusement, disparaitront.
Qui y gagne? Les maisons d’édition qui imposent les prix du livre numérique aux distributeurs. Ces livres sont chers car les éditeurs le veulent. Les couts sont bien moins élevés que les livres papiers, mais les prix sont à peine 30% moins élevés que ceux des livres papier.
Je suis une amoureuse des livres, mais je sais que je vais passer à l’ebook.
Qui perd ? Le consommateur qui paye plus cher un produit qui finira par disparaitre.
Opposition Républicaine
