Taxation des dividendes

Taxation des dividendes

Taxation des dividendes : et si nous faisions fausse route ?

Le gouvernement serait en train de réfléchir à une taxation supplémentaire des dividendes versés par les entreprises et cela à hauteur de 3 %. Cependant de nombreux éléments font que nous sommes plus que sceptique vis-à-vis de l’efficacité de cette mesure. Par exemple, les sociaux-démocrates allemands soutiennent exactement la position inverse de celle de François Hollande puisqu’ils vantent les bienfaits des profits pour l’économie réelle.

Ainsi Helmut Schmidt (SPD), chancelier de l’Allemagne de 1974 à 1982, expose sa théorie selon laquelle le plein emploi ne peut être provoqué que si les entreprises sont suffisamment rentables et qu’elles arrivent à dégager  des profits. C’est ce que l’on appelle le théorème de Schmidt : Les profits d’aujourd’hui, sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain. En effet, sans investissements, on ne peut pas créer de nouveaux emplois et l’investissement est déterminé par deux variables : la capacité des entreprises à investir autrement dits leurs réserves (les profits passés) et la rentabilité des investissements (les profits futurs). Si les perspectives de profits ne sont pas bonnes, les entreprises n’investissent pas et on n’assiste pas à une création d’emploi et si les profits ne sont pas assez importants les entreprises n’ont pas les moyens d’investir et sont donc incapables de créer des emplois.

Ce théorème devrait aujourd’hui être plus que jamais à la mode pour relancer l’emploi. Si nous voulons recréer de l’emploi, il faut investir mais sans perspectives de profits aucune entreprise n’investira.

La taxation des dividendes qui réduira les profits limitera l’accumulation du capital des actionnaires qui ne pourront pas le réinvestir et donc créer de l’emploi.

Ce que les sociaux-démocrates allemands avaient compris dans les années 1970, François Hollande ne l’a toujours pas compris en 2012 …  

A propos de Jens Villumsen

Editorialiste pour OR Jeunes 18 ans et étudiant en économie à Paris. (Panthéon-Sorbonne - Paris 1) J'ai adhéré à l'UMP en 2009 pour défendre l'action de Nicolas Sarkozy. Je milite actuellement activement à l'UNI (la droite universitaire) notamment contre le projet de loi "mariage pour tous" afin de défendre la famille et la filiation Père-Mère-Enfant. N'hésitez pas à venir dialoguer avec moi sur Twitter. (@J_Villumsen)

4 commentaires

  1. Si les dividendes baises, les épargnants vont moins investir dans l’entreprise qui ne pourra pas se développement.
    Il ne faut pas oublier que la croissance des entreprises est majoritairement externe (augmentation du capital) qu’interne (réinvestissement des profits).
    Même si il n’y a pas une taxe sur les profits réinvestis, les entreprises n’investiront que si il y a une perspective de profits ! Taxer les dividendes n’incitera à investir ! En accumulant les taxes et les impôts, nous faisons fausse route …

  2. Les benefices d’une entreprise peuvent etre soit investis dans l’entreprise, soit reverses aux actionnaires, soit reverses aux employes (interessement au resultat). Bien evidemment dans la pratique c’est un mélange des trois.

    La proposition du gouvernement (ou plutot la rumeur puisque rien n’a été annoncé) n’est pas de taxer globalement le bénéfice des entreprise mais uniquement la part reversé aux actionnaires. Le but est avant tout de favoriser l’investissement qui lui ne serait bien sur pas taxé.

  3. Tout à fait ! Le problème c’est bien cela, une frange de la population entretient le mythe de la lutte des classes à longueur de journée. Hors ceci est loin d’être de l’ultralibéralisme, c’est du bon sens. Si les sociaux-démocrates allemands acceptent cela et basent leur politique économique selon ce modèle, les socialistes français devraient peut être y penser également au lieu de s’inspirer des socialistes espagnols.

  4. En effet, Jens, des principes économiques de base…

    Mais en France ceci est qualifié « d’ultra-libéralisme » par toute une partie de la population que ne voit dans les profits des entreprises que du « salauds de patrons qui s’enrichissent sur le dos des travailleurs ».
    Ça fait très Germinal, oui, et bien en France nous en somme encore là, au 19ème siècle, dans la lutte des classes pour certains, très nombreux dans notre pays.

    En soit cette idée est « louable » dans le sens ou elle est faite pour pousser non pas à la distribution de dividendes aux actionnaires, mais à l’investissement « économie réelle ».
    Le problème est que derrière une bonne intention se cache la réalité économique et ses mécanismes.
    Un investisseur actionnaire qui se fait taxer plus investira moins de son capital dans l’entreprise à moyen terme et préférera le faire là où son investissement est plus rentable, logique.
    Donc moins d’actionnaires, c’est moins de capital investi, c’est une capacité d’évolution moindre pour une entreprise, donc sa pérennité mise en danger à terme, donc moins de part de marché, moins de YoY %, perspective qui se dégrade, plan, licenciements, moins d’emploi. Fin

    L’inverse de la bonne volonté affichée au départ!

    Etienne

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