Celui qui deviendra président de l’UMP aura la lourde tâche de reconstruire la droite. Et ce ne sera pas chose aisée !
On a éteint la télévision. Cela a été un peu long. Pas très excitant. Comme tout un chacun, on s’est posé la question : celui-ci ou celui-là ? Pourquoi pas l’un, pourquoi pas l’autre ? Mais est-ce vraiment le problème d’aujourd’hui ? Évidemment, celui qui remportera la présidence de l’UMP entre François Fillon et Jean-François Copé aura une longueur d’avance dans la course au pouvoir vers 2017. Mais est-ce si sûr ? C’est loin, 2017. Il s’en passera des choses d’ici là. Que sera devenue l’UDI (Union des démocrates et indépendants), la nouvelle formation centriste de Jean-Louis Borloo ? Que vaudra le FN ? Et surtout, où en sera la France, où en seront l’Europe et le monde ?
Ce débat télévisé était-il si utile ? Il ne faudrait pas que la télé devienne le foirail de la vie politique et qu’à tout propos on prenne le peuple à témoin des compétitions internes aux partis politiques. La démocratie d’opinion à des limites ! Elle a déjà fait assez de dégâts. Qu’à la veille des grandes échéances électorales la télé retransmette les débats des primaires qui intéressent les principales formations, soit. Encore que… C’est en grande partie la télé qui a fait de Hollande la reine d’un jour, voyez le résultat…
Copé ou Fillon ? Peu importe
Revenons au match Copé-Fillon. Ce n’est pas le débat de jeudi soir qui aura fait la décision. Il s’agit d’une affaire de famille, et celui qui l’emportera le mois prochain ne sera pas celui qui, aux yeux des membres de la famille, semblera le plus apte à « redresser la France » comme ils disent tous, mais celui qui aura le plus de chances de battre les socialistes. Car, sur le fond, sur les engagements idéologiques et programmatiques, ces deux-là sont presque jumeaux. C’est sur la forme que, hélas, le peuple juge aujourd’hui en France ses héros politiques, c’est sur leurs prestations médiatiques. Celui qui arrive au pouvoir n’est pas le plus qualifié pour gouverner, mais celui qui gagne le concours de séduction.
Fillon ou Copé ? Peu importe à la limite. L’essentiel est dans ce qu’on attend du vainqueur : qu’il travaille avec abnégation, autorité et intelligence à reconstruire la droite, ainsi que Sarkozy avait tenté de le faire. S’il n’y a pas réussi, c’est en partie de son fait, mais c’est aussi du nôtre, c’est-à-dire de ceux qui l’avaient porté au pouvoir et qui pour des raisons d’humeur, d’égoïsme et d’insouciance l’ont progressivement abandonné, voire trahi.
Le prochain président de l’UMP va porter une lourde responsabilité. Il aura quatre ans devant lui pour rassembler son camp non pas seulement dans une tâche d’opposition, qui sera relativement facile, mais surtout dans un travail de relégitimation de la droite française. Que doit-elle être aujourd’hui, comment doit-elle se construire idéologiquement, politiquement et culturellement ? Cela commence par un examen de conscience et par un long débat interne, intellectuel et moral, hors des caméras.
[box_info]Avec l’accord du rédacteur en chef du LePoint.fr http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/philippe-tesson/[/box_info]
Opposition Républicaine

Merci pour cette analyse qui recadre bien sur le point essentiel.
Parfaitement d’accord avec vous.