Vincent Peillon : le « joint » entre l’Etat et les jeunes ?

Vincent Peillon : le « joint » entre l’Etat et les jeunes ?

En se prononçant en faveur de la dépénalisation du cannabis, le ministre de l’Éducation Nationale jette, pour le moins, un pavé dans la marre. Dissidence, ou amateurisme… reste que le message est, à mon sens, préoccupant à l’endroit de toute notre jeunesse… Début septembre, il annonçait des temps de morale laïque à l’école, sorte de vadémécum du « vivre ensemble ». Peut-être imagine-t-il qu’il est plus facile de « vivre ensemble » en partageant un petit joint…

Réouverture du sempiternel débat

Ces déclarations ouvrent donc une nouvelle fois ce débat, ou le conservatisme s’oppose à la permissivité soixante-huitarde. J’entends, ça et là, que le cannabis est une réalité qu’il serait dangereux de continuer à nier. Entièrement d’accord avec cet argument : Le cannabis s’est très largement banalisé au cours des 30 dernières années, devenant plus facilement accessible. Cet état de fait suffit-il à ce qu’on le considère comme normal? Autre argument régulièrement avancé par les pro-légalisation, celle-ci aurait pour effet vertueux à la fois :

  • d’entraîner une diminution du trafic et de la délinquance
  • de faire émerger un nouveau marché, une agriculture, une distribution et une nouvelle manne financière pour l’état
  • de désengorger les couloirs des tribunaux

Naïfs sont ceux qui croient faire décroître l’économie souterraine. Comment peut-on penser que le manque à gagner ne sera pas comblé par le commerce d’autres marchandises, par définition plus dures ? Et dans le même ordre d’idée, notre morale est-elle tombée si bas depuis le 06 mai 2012, qu’il faille compter sur un si vil commerce pour booster notre économie malade? Le seul argument, à demi recevable, est celui du contrôle de la qualité des produits consommés. Certes, un contrôle permettrait à nos chères têtes blondes de ne plus fumer de pseudo résine coupée à la gomme de pneu. Mais cette seule et unique raison ne peut, à elle seule, justifier que l’on s’assoie sur nos principes.

Je vais anticiper ici les commentaires qui me crieront que les consommateurs de « shit et de Beuh » ne sont plus des jeunes comme le prétend l’imagerie de droite… A ceux là je répondrai que j’ai eu mes premiers contacts avec le cannabis en classe de 5eme à l’ombre d’un collège plutôt réputé, dans les années 90. Je doute que les mœurs aient évoluées dans le bon sens depuis.

En dépit de tous ces arguments…

… à la limite discutables. Je pense que l’on est, ici, face à une question de fond. En reformulant la problématique la question pourrait se poser ainsi : Veut-on aujourd’hui légaliser, et donc cautionner l’usage d’un psychotrope? L’alcool ne fait-il pas déjà assez de ravages et de mal à notre société? Dépénaliser revient à permettre l’usage et enlever tout caractère négatif… Ces questions sont très clivantes, mais j’ai la certitude (et je pèse mes mots) qu’une très large majorité des français est contre une telle mesure.

Monsieur PEILLON est, de par sa fonction, le garant du modèle éducatif que la France souhaiter distiller. Le simple fait qu’il émette des doutes sur la pénalisation du cannabis me semble contraire à une poursuite de ses fonctions. Monsieur AYRAULT l’a d’ailleurs publiquement rappelé à l’ordre et je le félicite de cette intervention. Reste que des chiffres émanant de Bercy, estiment à 800 millions par an les recettes fiscales qui seraient générées par une dépénalisation. Il n’y a donc pas que dans la tête de Vincent PEILLON que l’idée fait son chemin…

Article publié également sur mon blog humeur-de-citoyen.blog4ever.com

A propos de Manu Legrognon

Citoyen de notre beau pays, je déplore le mal qui lui est infligé depuis le 06 mai 2012. Mes articles réagissent à l'actualité. Mon blog : humeur-de-citoyen.blog4ever.com

2 commentaires

  1. Merci beaucoup pour cet article auquel j’adhère complètement.

    A l’exception, bien sûr, du noble mot d’amateurisme employé dans son sens péjoratif et auquel j’aurais préféré l’usage de « incompétence » ou « nullitude ». :)

    Il est vrai que les drogues prétendues douces s’infiltrent partout, et très souvent hélas, avec la complicité volontaire (ou non) de nos politicards.
    Or, ces drogues dont il est de bon ton de prétendre qu’elles ne nuisent pas sont déjà dangereuses, non seulement en elles-mêmes, mais par l’accoutumance qu’elles provoquent, même si leurs promoteurs prétendent le contraire.
    Et, comme il faut toujours plus, inévitablement vient le jour où l’on passe à plus fort. Et encore plus dangereux. :(

    En outre, le simple fait de dépénaliser repousse la barrière, déjà trop peu étanche.
    Certains cherchant le seul plaisir de bafouer le loi et de franchir la ligne jaune, sans prendre le risque en considération, cela les mettrait de fait dans une configuration encore beaucoup plus dangereuse.

    Enfin, la pseudo-Justice préférant criminaliser les automobilistes plutôt que les véritables criminels, et a fortiori les simples drogués et les dealers, je ne pense pas que ce soit eux qui encombrent les Tribunaux. ;)

    • Entièrement d’accord avec vous. Il faudra bien un jour que toutes les drogues soient interdites, y compris l’alcool et la cigarette !
      Que des gens soient accros et obligés d’acheter quotidiennement ses substances est tout simplement scandaleux. Il ne faut pas oublier que toutes ces personnes qui tombent malades (cirrhose, cancer du foie, des poumons, des voies digestives, etc.) coûtent des millions à la Sécu, c’est-à-dire NOUS !

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